Deux nouvelles économiques ont marqué le Brésil cette semaine. Le groupe de distribution GPA, propriétaire de Pão de Açúcar, a publié une perte de 731 millions de reais au troisième trimestre. Son auditeur évoque une incertitude sur la continuité de l’exploitation. Par ailleurs, la Banque centrale a laissé son taux Selic à 13,75 %.
GPA Pão de Açúcar : une perte de 731 millions de reais
GPA a publié ses résultats le 4 novembre. La perte nette consolidée atteint 731 millions de reais, contre un bénéfice un an plus tôt. Sur neuf mois, les pertes cumulées s’élèvent à 2,42 milliards de reais.
Pourtant, le chiffre mérite d’être détaillé. Les activités poursuivies perdent 220 millions de reais. Les activités abandonnées pèsent 511 millions de reais, surtout à cause d’une provision de 467 millions que le groupe ne détaille pas. De plus, GPA a provisionné la totalité des 708 millions de reais que lui doit Casas Bahia, son ancienne filiale. Casas Bahia est en procédure de redressement judiciaire depuis le 16 août. GPA conteste le classement de cette créance, mais il a préféré la provisionner en entier.
Le chiffre d’affaires net recule de 9,6 %, à 4,12 milliards de reais. Les ventes à magasins comparables baissent de 1,4 %. Le groupe explique ce recul par des ruptures de stock et par la fermeture de formats peu rentables, comme Aliados. En revanche, l’Ebitda ajusté progresse de 16,9 %, à 482 millions de reais. La marge atteint 11,7 %.
GPA Pão de Açúcar : pourquoi l’auditeur doute
Le cabinet EY a ajouté un paragraphe d’observation sur la continuité de l’exploitation. Il s’appuie sur trois éléments : les pertes accumulées, des dettes à court terme supérieures de 4,48 milliards de reais aux actifs à court terme, et des capitaux propres négatifs. Ces capitaux propres s’élèvent à moins 321 millions de reais, contre un solde positif de 2,12 milliards en décembre. EY n’a pas émis de réserve : son opinion sur les comptes n’est pas modifiée.
La trésorerie a fondu. Elle est passée de 1,99 milliard de reais fin 2025 à 678 millions en septembre. La dette brute, de 4,46 milliards, est désormais entièrement à court terme, car ses échéances ont été accélérées.
Le plan de restructuration de GPA
GPA s’appuie sur une recuperação extrajudicial, une restructuration négociée avec les créanciers et validée par la justice. Le tribunal l’a approuvée le 7 octobre. Selon les estimations du groupe, la durée moyenne de la dette passerait de 2,1 à 6,4 ans. Les paiements dus jusqu’en 2028 tomberaient de 5,2 milliards de reais à environ 400 millions. Le levier financier baisserait de 3,7 à 1,2 fois la génération de trésorerie.
Ensuite, le groupe mise sur ses magasins Extra, qui représentent plus de 30 % de son chiffre d’affaires, pour renforcer son positionnement prix bas. Il a aussi cédé Stix, son programme de fidélité, à RD Saúde. Son directeur général, Alexandre Santoro, reconnaît que des défis importants subsistent, notamment pour relancer les ventes.
Selic à 13,75 % : la Banque centrale marque une pause
Le même jour, le Copom, le comité de politique monétaire, a maintenu la Selic à 13,75 %. Il a décidé à l’unanimité. Cette pause interrompt cinq baisses consécutives de 0,25 point, depuis 15 % en mars.
Le comité n’a pas fixé de date pour reprendre les baisses. Il cite des anticipations d’inflation plus élevées, l’incertitude budgétaire, le pétrole et un ralentissement de l’activité. Selon la presse brésilienne, il a relevé sa prévision d’inflation à 5,6 % pour 2026 et à 4,7 % pour 2027. Ces niveaux dépassent le plafond de 4,5 % de la cible. Le prochain Copom se tient les 8 et 9 décembre.
Ce que cela signifie pour les investisseurs
Les deux informations se rejoignent. Un taux directeur élevé renchérit le crédit, et GPA gère déjà une dette lourde dans un contexte de consommation plus difficile. Cependant, une Selic haute maintient aussi des rendements élevés pour les investisseurs en obligations. Pour les investisseurs francophones, GPA reste un dossier à suivre de près jusqu’à la mise en œuvre complète du plan. Chaque situation est différente : consultez un conseiller avant toute décision.
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
