Une série de fausses alertes à la bombe a visé cette semaine des vols en Europe. Plusieurs étaient à destination ou au départ de l’Espagne. Tous les appareils ont atterri sans incident, et aucun explosif n’a été trouvé. Voici ce que l’on sait, vol par vol.
Ce qui s’est passé, jour par jour
Lundi 2 novembre. Un vol Wizz Air entre Londres-Luton et Sofia reçoit une menace. Il se déroute vers Budapest, escorté par un chasseur hongrois. Il atterrit à 12 h 08, et les vérifications ne révèlent rien de suspect.
Mardi 3 novembre. Les décomptes varient de sept à dix vols visés, selon les médias. En Espagne, Aena, le gestionnaire des aéroports, active son protocole d’urgence pour un vol Ryanair Manchester-Murcie. L’avion atterrit à 10 h 30 comme prévu. La Guardia Civil inspecte l’appareil et ne trouve rien. L’alerte est levée.
Jeudi 5 novembre. Une nouvelle vague, plus large, touche surtout des compagnies à bas coût. Les médias comptent de 17 à 25 vols concernés. Plusieurs pays sont touchés : l’Espagne, la France, l’Italie, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Pologne et l’Autriche.
Iberia, Air Europa, Ryanair : les vols espagnols visés par une alerte à la bombe
Jeudi matin, l’aéroport Madrid-Barajas reçoit une communication sur un engin explosif. Elle concerne trois vols, selon Aena :
- deux vols Iberia, en provenance de Rome et de Milan. Ils atterrissent vers 10 h 00, et les passagers descendent sans incident ;
- un vol Air Europa Madrid-Paris, qui n’avait pas encore décollé. Les passagers descendent, et les opérations reprennent après la confirmation de la fausse alerte.
Un comité de sécurité réunit les forces de sécurité de l’État. Après les vérifications, les menaces sont écartées. Au moins quatre vols au départ ou à destination de Madrid sont concernés.
Un vol Ryanair Madrid-Sofia complète la liste. Le ministère bulgare de la Défense a fait escorter trois vols Ryanair vers Sofia par des chasseurs. Deux ont atterri dans la capitale, le troisième à Plovdiv. Tous sont arrivés sans incident.
Toutes les alertes étaient fausses
Les vérifications n’ont trouvé aucun explosif, nulle part. Les autres vols concernés jeudi ont suivi le même schéma :
- un Aer Lingus Dublin-Rome s’est posé sur la base militaire d’Évreux, dans le nord de la France, escorté par l’armée de l’air française ;
- un Finnair au départ d’Helsinki a atterri à Rome, escorté par des chasseurs italiens ;
- un Wizz Air Milan-Varsovie s’est posé à Vienne ;
- à Prague, quatre vols ont reçu des courriels envoyés depuis des adresses anonymes.
Les polices de chaque pays enquêtent. Pour l’instant, aucune arrestation n’est annoncée.
Qui est derrière ces menaces ?
Aucune source officielle n’a identifié les auteurs. La Commission européenne a activé un mécanisme d’échange d’informations entre les États membres. Elle reste en contact avec l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Le commissaire aux Transports, Apostolos Tzitzikostas, juge qu’il est « trop tôt » pour dire si les incidents sont liés. L’OTAN indique suivre la situation et se coordonner avec ses alliés.
Ces alertes arrivent dans un contexte de hausse des « attaques hybrides » en Europe. Ce terme désigne des actions de déstabilisation qui ne relèvent pas de la guerre ouverte. Des autorités ou des chercheurs ont relié certaines de ces attaques à la Russie, parfois à l’Iran. Aucune attribution n’est confirmée pour ces menaces-ci.
Passagers : que faire en cas de vol dérouté ou retardé ?
Si votre vol est concerné, suivez d’abord les consignes de l’équipage et du personnel de sécurité. Consultez ensuite l’application de votre compagnie, qui publie en général les nouveaux horaires. Gardez vos reçus et votre carte d’embarquement.
Le règlement européen 261/2004 fixe vos droits. Une menace pour la sécurité compte en général comme une « circonstance extraordinaire ». La compagnie ne doit donc pas verser l’indemnité de 250 à 600 euros. En revanche, elle doit vous prendre en charge :
- repas et boissons adaptés à l’attente ;
- deux communications (appels ou courriels) ;
- un hôtel et le transport, si une nuit sur place est nécessaire ;
- un remboursement du billet ou un réacheminement vers votre destination.
L’assistance commence après deux à quatre heures de retard, selon la distance du vol. Si le retard dépasse cinq heures, vous pouvez renoncer au voyage et demander le remboursement. Une réforme européenne a été adoptée cette année, mais elle n’entrera en vigueur qu’en 2027. Les règles actuelles s’appliquent donc encore.
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
