Panama resserre les règles de son visa doré, la Colombie indexe ses seuils sur un salaire minimum qui a bondi de 23 %, le Costa Rica joue sa dernière carte à 150 000 dollars avant un possible retour à 200 000. À l’heure où de plus en plus d’investisseurs francophones regardent vers l’Amérique latine comme alternative ou complément à l’Espagne, LCE a comparé les principaux programmes de résidence par investissement de la région. Tour d’horizon.
Panama : la réforme du 8 septembre change la donne
Le Panama vient de bouleverser son programme le plus emblématique. Par le Décret Exécutif n° 17 du 8 septembre 2026, qui abroge le Décret 722 de 2020 et ses modifications successives, le gouvernement panaméen a introduit une différenciation inédite selon le type de bien immobilier acquis.
Jusqu’à présent, la Visa Inversionista Calificado permettait d’obtenir la résidence permanente dès 300 000 dollars, quelle que soit la nature du bien, neuf, en construction ou déjà existant. Le nouveau décret change cela : selon les informations relayées début septembre 2026, l’achat en revente (bien déjà construit et déjà vendu une fois) exige désormais un minimum de 500 000 dollars. L’investissement dans l’immobilier neuf de première vente reste verrouillé à 300 000 dollars. La préventе (achat sur plan) demeure également à 300 000 dollars, mais avec une nouvelle contrainte : le projet doit être achevé dans un délai de trois ans.
L’objectif affiché par le texte est explicite : établir des paramètres d’investissement différenciés dans le secteur immobilier, en priorisant et stimulant l’acquisition de biens neufs, afin de promouvoir la réactivation immédiate de l’industrie de la construction et de dynamiser la chaîne d’approvisionnement locale, un secteur historiquement considéré comme l’un des principaux moteurs d’emplois directs et indirects du pays.
Les autres modalités du programme restent inchangées : 500 000 dollars en valeurs mobilières sur la Bourse panaméenne, ou 750 000 dollars en dépôt bancaire à terme fixe sur cinq ans minimum. Dans tous les cas, les fonds doivent provenir de l’étranger, être maintenus cinq ans, et la résidence est accordée directement, sans étape de résidence provisoire, généralement sous 30 jours ouvrés.
Uruguay : la référence régionale pour la fiscalité, pas d’exigence d’investissement immobilier
Comme LCE l’a détaillé précédemment, l’Uruguay reste à part dans ce panorama : sa résidence n’exige aucun montant d’investissement minimum obligatoire, elle repose sur la preuve de moyens de subsistance, mais elle est permanente dès le premier jour, sans étape intermédiaire, et s’accompagne depuis janvier 2026 d’une exonération totale de onze ans sur les revenus de source étrangère. Un régime fiscal sans équivalent dans la région pour qui recherche la stabilité plus que la vitesse d’obtention.
Costa Rica : un seuil sous pression, la fenêtre de tir se referme
Le Costa Rica offre la voie Inversionista dès 150 000 dollars, un des tickets d’entrée les plus bas de la région pour un investissement en immobilier, actions d’entreprise, valeurs publiques ou projets productifs. Mais ce seuil, fixé par la Loi 9996, contient une clause de caducité expirant le 14 juillet 2026 : sauf renouvellement législatif, le minimum devrait remonter à 200 000 dollars. Une réduction à 100 000 dollars existe par ailleurs pour les projets forestiers ou de reforestation approuvés. La résidence permanente s’obtient après trois ans, la citoyenneté après sept, réduite à cinq ans pour les ressortissants espagnols, centraméricains et ibéro-américains de naissance.
Colombie : des seuils indexés sur un salaire minimum qui explose
La Colombie applique un système singulier : ses seuils d’investissement ne sont pas fixés en dollars, mais en multiples du salaire minimum mensuel légal (SMMLV), une référence qui grimpe chaque 1er janvier. Pour 2026, le SMMLV a bondi d’environ 23 %, à 1 750 905 pesos colombiens. Conséquence directe : le seuil de référence pour la Visa M Inversionista par achat immobilier, fixé à 350 SMMLV, atteint désormais environ 612 816 750 pesos colombiens, soit approximativement 145 000 dollars. Pour un investissement en entreprise déjà constituée (IED), le seuil de 650 SMMLV avoisine 240 000 dollars. La résidence permanente s’obtient après cinq ans de résidence continue.
Mexique : un seuil indexé sur l’UMA, environ 270 000 euros
Au Mexique, la Résidence Temporaire par Investissement exige que le montant investi dans le capital social d’une société mexicaine dépasse 45 850 jours d’UMA (Unité de Mesure et d’Actualisation), soit environ 5,38 millions de pesos mexicains, ou près de 273 000 euros au taux de change de 2026. La résidence temporaire est valable jusqu’à quatre ans et peut mener à la résidence permanente, également accessible directement par solvabilité économique démontrée (revenus ou actifs importants), sans passer par l’investissement direct.
République dominicaine : le ticket d’entrée le plus accessible de la zone Caraïbes
La République dominicaine propose une résidence permanente pour investisseur dès 200 000 dollars US d’investissement économique certifié par le Centre d’Exportation et d’Investissement (CEIRD) ou par le Conseil National des Zones Franches. Le titre de résidence est valable un an, puis renouvelable par périodes de quatre ans, un parcours administratif relativement simple comparé à ses voisins.
Équateur : la voie la moins encadrée en dollars fixes
En Équateur, pays entièrement dollarisé, la résidence temporaire par investissement peut s’obtenir via la détention d’actions ou parts dans une société équatorienne, pour un montant minimum de 100 salaires de base unifiés, soit environ 47 000 dollars au barème 2026. Une option d’entrée particulièrement accessible, bien que les procédures de vérification et le climat des affaires méritent une analyse approfondie avant tout engagement.
| Pays | Type de visa | Montant minimum | Type d'investissement | Résidence permanente | Points clés |
|---|---|---|---|---|---|
| 🇵🇦 Panama | Visa Inversionista Calificado | 300 000 $ (neuf / plan) 500 000 $ (revente) |
Immobilier neuf, sur plan, revente, valeurs mobilières (500 000 $), dépôt bancaire (750 000 $) | Directe — sous 30 jours ouvrés | Réforme du 8 sept. 2026. Fonds étrangers obligatoires. Maintien 5 ans minimum. |
| 🇺🇾 Uruguay | Résidence par moyens de subsistance | Aucun minimum | Preuve de moyens suffisants | Dès le premier jour | Exonération fiscale 11 ans sur revenus étrangers (depuis jan. 2026). Référence régionale fiscalité. |
| 🇨🇷 Costa Rica | Visa Inversionista (Loi 9996) | 150 000 $ (en cours) 200 000 $ (prévu) |
Immobilier, actions, valeurs publiques, projets productifs, forestier (100 000 $) | Après 3 ans | Fenêtre à 150 000 $ en voie de fermeture. Citoyenneté après 7 ans (5 ans pour Espagnols). |
| 🇨🇴 Colombie | Visa M Inversionista | ~145 000 $ (immobilier) ~240 000 $ (entreprise) |
Immobilier (350 SMMLV) ou investissement en entreprise (650 SMMLV) | Après 5 ans de résidence continue | Seuils indexés sur le SMMLV (+23 % en 2026). Révision annuelle chaque 1er janvier. |
| 🇲🇽 Mexique | Résidence Temporaire par Investissement | ~273 000 € | Capital social d'une société mexicaine (45 850 jours UMA) | Après résidence temporaire (4 ans max) ou par solvabilité directe | Indexé sur l'UMA. Résidence temporaire valable jusqu'à 4 ans renouvelable. |
| 🇩🇴 Rép. Dominicaine | Résidence permanente investisseur | 200 000 $ | Investissement économique certifié CEIRD ou Zones Franches | Directe (titre 1 an puis 4 ans renouvelable) | Procédure administrative simple. Ticket d'entrée le plus accessible des Caraïbes. |
| 🇪🇨 Équateur | Résidence temporaire par investissement | ~47 000 $ | Actions ou parts dans une société équatorienne (100 salaires de base) | Variable selon parcours | Pays dollarisé. Ticket d'entrée le plus bas de la région. Analyse approfondie recommandée. |
⚠️ Ce tableau présente des ordres de grandeur au 17 septembre 2026, sujets à modification réglementaire. Il ne constitue pas un conseil juridique ou migratoire. Une vérification directe auprès des autorités compétentes de chaque pays et un accompagnement par un avocat spécialisé restent indispensables avant tout engagement financier.
Ce tableau présente des ordres de grandeur au 17 septembre 2026, sujets à modification réglementaire. Il ne constitue pas un conseil juridique ou migratoire, une vérification directe auprès des autorités compétentes de chaque pays et un accompagnement par un avocat spécialisé restent indispensables avant tout engagement financier.
Sources : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
