Hôtels et flex living : le capital afflue en Espagne

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Publié le 5 octobre 2026. Les investisseurs achètent toujours plus d’hôtels en Espagne. Ils misent aussi sur le flex living, un hébergement entre l’hôtel et le logement locatif. Les rapports publiés depuis l’été confirment ces deux tendances.

Hôtels : plus de 2 milliards d’euros investis en six mois

Selon Cushman & Wakefield, les investisseurs ont engagé 2,66 milliards d’euros dans les hôtels espagnols au premier semestre 2026. Ce volume progresse de 34 % sur un an. Le cabinet juge que 2026 sera une nouvelle année exceptionnelle pour ce marché.

CBRE retient un chiffre plus bas, supérieur à 2 milliards d’euros. Cette somme dépasse cependant de 18 % celle du premier semestre 2025. Elle représente 17 % de l’investissement immobilier total en Espagne. CBRE y voit le meilleur premier semestre jamais enregistré.

Les deux cabinets publient des chiffres différents, mais la tendance est la même. En juillet, une première estimation de Cushman & Wakefield visait même un nouveau record, au-dessus de 4 milliards d’euros pour 2026. Selon cette estimation, les Baléares et les Canaries ont concentré 48 % de la valeur des transactions. Madrid a attiré 18 % de l’investissement national.

Flex living : un modèle à mi-chemin entre l’hôtel et le logement

Le flex living désigne un hébergement flexible. Il couvre le coliving urbain (des chambres privées avec des espaces partagés), le logement pour cadres en mission et les séjours de vacances, selon CBRE. Il se distingue du build to rent (BTR), c’est-à-dire des logements neufs conçus pour la location longue durée.

Les investisseurs le développent souvent sur des terrains à usage tertiaire, comme les bureaux ou les commerces. Il peut alors relever de la réglementation de l’hébergement, et non de celle du logement classique.

Les chiffres montrent une forte croissance. CBRE estime le parc actuel à environ 16 500 lits, soit huit fois plus qu’en 2020. Les projets en cours pourraient le porter au-dessus de 40 500 lits en 2028. En parallèle, le flex living a attiré 790 millions d’euros en 2025, puis 400 millions au premier semestre 2026, surtout en périphérie de Madrid.

Pourquoi les investisseurs préfèrent le flex living au BTR

Selon l’enquête Flex Living Investor Survey 2026 de CBRE, les investisseurs interrogés disposent de plus de 3 milliards d’euros de fonds propres à déployer. Ils prévoient de le faire sur cinq à sept ans. Madrid reste leur destination prioritaire. D’après CBRE, environ 78 % de l’investissement du secteur Living se dirige vers la capitale.

L’enquête cite trois avantages du flex living face au BTR. Il permet d’inclure des courts séjours (36 %). Il autorise une révision annuelle des loyers (33 %). Enfin, le foncier tertiaire coûte moins cher (32 %).

Le marché se structure aussi. Cet été, Badi et Caterina House ont fusionné pour créer une plateforme de flex living. Elle gère 250 millions d’euros d’actifs et vise plus de 7 000 unités en quatre ans.

Des atouts réels, mais des risques à suivre

Le secteur Living dans son ensemble domine l’immobilier espagnol. Selon CBRE, il a attiré 2,254 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit 98 % de plus qu’un an plus tôt. Il représente 36 % du volume total investi. Les rendements prime des logements locatifs restent stables, à 3,8 % à Madrid et 4,0 % à Barcelone.

Cependant, certains analystes appellent à la prudence. Merca2 évoque un risque de cycle et un cadre réglementaire encore flou pour le coliving. Ainsi, la croissance rapide du secteur ne garantit pas sa stabilité.

Pour les investisseurs, les hôtels offrent un marché plus établi. Le flex living, en revanche, reste jeune et son cadre juridique évolue. Avant tout achat ou investissement, consultez un professionnel (avocat, conseiller en investissement).

Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)

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