Les investisseurs redoublent leur engagement en faveur d’une nouvelle offre de luxe.
Marbella vit un second âge d’or en tant que destination hôtelière de luxe. L’arrivée de marques internationales, de nouveaux investissements dans les hôtels, de projets liés au bien-être et à la longévité, ainsi que le développement des branded residences transforment son offre, qui atteint les prix les plus élevés d’Espagne. L’objectif est désormais d’élargir le profil de clientèle et de convertir cette capacité à attirer des voyageurs à fort pouvoir d’achat en demande tout au long de l’année.
Les capitaux regardent à nouveau vers Marbella avec la conviction qu’il existe encore une marge pour élever le positionnement de la destination. Les résultats hôteliers confortent cette stratégie : la destination a clôturé l’année dernière avec un tarif journalier moyen (ADR) de 365,70 euros, soit une hausse de 11 %, selon le Baromètre Hôtelier de Cushman & Wakefield et STR. En plus d’être le prix le plus élevé parmi les destinations espagnoles analysées, Marbella affiche également le RevPAR (revenus par chambre disponible) le plus haut, à 245,85 euros, avec une croissance de 11,8 %.
La tendance se confirme cette année : selon les derniers chiffres de l’INE publiés en juillet, l’ADR s’est établi à 416,20 euros et le RevPAR à 339,40 euros, des niveaux qui restent les plus élevés parmi les destinations touristiques espagnoles.
Cette capacité à maintenir ces prix explique une grande partie du regain d’intérêt des investisseurs, non seulement pour ajouter des hôtels haut de gamme, mais aussi pour multiplier les raisons qui poussent un voyageur à fort pouvoir d’achat à choisir Marbella, en particulier hors saison. À l’échelle de l’Espagne, les hôtels 4 et 5 étoiles ont capté 86 % de l’investissement du premier semestre, selon les données de Colliers publiées par Hosteltur.
« L’arrivée de marques de luxe a élevé la proposition globale de la destination, créant un cercle vertueux où l’investissement stimule la qualité, et la qualité attire davantage d’investissement. » Ana Ivanovic, directrice du Développement des investissements et de la Levée de capitaux, L+R Hotels
La rénovation des actifs existants, premier levier de transformation
L’un des exemples les plus emblématiques est Los Monteros, acquis par Stoneweg Hospitality et Bain Capital Credit en 2022. Trois ans plus tard, après une rénovation en profondeur, l’établissement a rouvert sous l’enseigne Kimpton Los Monteros Marbella, avec 195 chambres. Il combine hébergement, gastronomie et bien-être, avec une offre culinaire supervisée par le chef étoilé Michelin José Carlos García et un spa géré par Maison Codage.
Le Don Carlos a également rouvert en 2025 après un investissement de 45 millions d’euros mené par le Groupe Selenta, propriété de Brookfield. L’établissement dispose désormais de 308 chambres, suites et résidences, et a renforcé ses espaces de gastronomie, sport et bien-être. La rénovation a permis d’ajouter 60 chambres avec vue sur mer et d’intégrer des terrasses pour les transformer en junior suites, des unités désormais commercialisées à des prix supérieurs de 25 à 30 %, selon les données de Brookfield.
À cette transformation s’ajoute l’intégration en 2025 du Gran Marbella Resort & Beach Club à la collection Iconic Luxury Hotels de L+R.
Bien-être et longévité, un nouveau segment du luxe
L’un des piliers de cette nouvelle ère est le bien-être, et plus particulièrement les services liés à la santé et à la longévité, des produits capables d’attirer une clientèle à fort pouvoir d’achat tout en générant une demande moins dépendante de l’été.
Lanserhof investira 93 millions d’euros dans son premier resort du sud de l’Europe, situé à Finca Cortesín, près de Casares et de Marbella. Le complexe, dont l’ouverture est prévue pour 2027, disposera de 71 chambres et suites sur une surface de 23 500 mètres carrés, dont 2 900 réservés aux installations médicales et 1 840 au spa, au bien-être et à l’activité physique.
À l’intérieur de Marbella, la réhabilitation de l’ancien hôtel Incosol constitue une autre grande opération liée à cette tendance. La mairie a approuvé en octobre 2025 un investissement de 87,4 millions d’euros pour le transformer en un complexe de santé et de longévité cinq étoiles. L’établissement disposera de 168 chambres, dont environ 80 % liées à des traitements médicaux et des programmes spécialisés, ainsi que de 21 000 mètres carrés dédiés aux services de santé.
Les branded residences élargissent le modèle
La transformation ne s’arrête pas aux hôtels. Les branded residences s’imposent comme un autre composant majeur de la nouvelle offre de Marbella.
Immobel et Fort Partners ont annoncé en avril avoir obtenu le contrôle des terrains nécessaires pour développer le Four Seasons Marbella, un projet en bord de mer de 32 hectares. Outre l’hôtel de 105 chambres, le projet prévoit environ 40 appartements, 54 maisons de ville et 33 villas, accompagnés de beach clubs, restaurants et équipements sportifs, culturels et de bien-être.
Mandarin Oriental Exceptional Homes a également identifié Marbella comme « destination clé pour sa croissance », en intégrant à sa collection six villas privées de design dans la zone.
Le défi de la désaisonnalisation reste entier
Les prix records n’effacent pas pour autant l’une des principales faiblesses de la destination : son taux d’occupation hôtelier moyen s’est établi à 67,2 % sur la dernière année, l’un des plus bas parmi les destinations analysées par Cushman & Wakefield et STR. Les basses saisons continuent de pénaliser les résultats et posent la principale interrogation de cette nouvelle ère : Marbella sera-t-elle capable de transformer son attractivité résidentielle et hôtelière croissante en activité tout au long de l’année ?
C’est précisément l’une des motivations des investissements actuels. Santé et longévité, golf, gastronomie, programmation culturelle, réunions et événements, branded residences : autant de raisons de voyager au-delà de l’été, qui augmentent également les opportunités de dépenses une fois sur place.
L’ampleur et la diversité de ces investissements indiquent que le capital parie sur une transformation plus profonde : faire de cette puissance tarifaire hôtelière un écosystème de luxe plus complet, plus sophistiqué et moins saisonnier.
Source : Hospitality Investor
