L’Italie a officiellement annoncé la suspension temporaire de l’espace Schengen avec l’Espagne pour une durée d’un mois. Cette décision, qui implique le rétablissement des contrôles aux frontières entre les deux pays, soulève de nombreuses questions pour les voyageurs, les professionnels du tourisme et les transporteurs. Voici ce qu’il faut savoir.
Une suspension motivée par des raisons de sécurité
Selon Hosteltur, l’Italie a officiellement notifié à la Commission européenne sa décision de rétablir temporairement les contrôles aux frontières avec l’Espagne. Cette mesure, d’une durée d’un mois, a été justifiée par des impératifs de sécurité intérieure et de gestion des flux migratoires.
Le gouvernement italien a invoqué l’article 25 du Code frontières Schengen, qui autorise un État membre à réintroduire des contrôles aux frontières intérieures en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure. Cette clause d’exception a été utilisée à plusieurs reprises ces dernières années par différents pays membres de l’Union européenne.
La décision italienne s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question partielle de la libre circulation au sein de l’espace Schengen. En 2024, plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche et la France, avaient déjà réintroduit des contrôles temporaires à leurs frontières intérieures, invoquant des raisons similaires liées à la sécurité et à l’immigration.
« La réintroduction de contrôles aux frontières intérieures doit rester une mesure de dernier recours, utilisée uniquement en cas de menace grave et pour une durée limitée. » Commission européenne, Code frontières Schengen, article 25
Concrètement, les voyageurs qui empruntent les liaisons aériennes, maritimes ou terrestres entre l’Italie et l’Espagne devront désormais présenter un document d’identité valide lors des contrôles. Pour les ressortissants de l’Union européenne, la carte nationale d’identité reste suffisante, mais des vérifications systématiques seront effectuées aux points de passage.
Les compagnies aériennes desservant les liaisons entre les deux pays, comme Vueling, Iberia, ITA Airways ou Ryanair, ont été informées de la situation et devront adapter leurs procédures d’embarquement en conséquence. Les traversées maritimes, notamment entre Barcelone et Gênes ou entre Barcelone et Civitavecchia, sont également concernées par ces nouvelles mesures.
Des conséquences concrètes pour les voyageurs et le secteur du tourisme
L’impact de cette décision sur le tourisme pourrait être significatif. Chaque année, des millions de voyageurs circulent entre l’Espagne et l’Italie. En 2023, l’Espagne a accueilli plus de 85 millions de touristes internationaux, dont une part importante en provenance d’Italie, qui figure parmi les dix premiers marchés émetteurs vers la péninsule ibérique.
Selon le secteur du tourisme espagnol, tout ralentissement aux frontières peut engendrer des perturbations dans les chaînes logistiques et allonger les temps de transit pour les voyageurs. Les aéroports de Barcelone-El Prat et de Madrid-Barajas, qui concentrent une grande partie des flux entre les deux pays, pourraient voir leurs délais de traitement augmenter.
« Toute mesure qui complique la circulation des personnes entre les pays membres de l’UE représente un défi pour l’industrie touristique, qui repose sur la fluidité des déplacements. » Hosteltur, analyse des contrôles frontaliers en Europe
Du côté des transporteurs terrestres, les liaisons en autocar entre les grandes villes espagnoles et italiennes, ainsi que le trafic de poids lourds acheminant des marchandises, pourraient également subir des retards. L’axe transpyrénéen et les liaisons maritimes en Méditerranée occidentale sont les principaux corridors concernés.
Les professionnels du tourisme et du transport appellent les voyageurs à anticiper ces contrôles en s’assurant d’avoir leurs documents d’identité à portée de main et en prévoyant des marges de temps supplémentaires lors de leurs déplacements. Il est également recommandé de se renseigner auprès des compagnies de transport avant tout voyage pour connaître les éventuelles modifications de procédures.
La durée de cette mesure est fixée à un mois à compter de la date d’entrée en vigueur de la notification officielle. Toutefois, comme l’ont montré des précédents dans d’autres pays européens, une telle suspension peut être prolongée si les autorités estiment que les conditions justifiant son maintien persistent. La Commission européenne suit de près la situation et veille à ce que les États membres respectent les conditions strictes encadrant l’utilisation de cette clause d’exception.
En conclusion, la suspension temporaire de l’espace Schengen entre l’Italie et l’Espagne représente une perturbation notable pour les millions de voyageurs et de professionnels qui circulent régulièrement entre ces deux grandes destinations méditerranéennes. Si la mesure est limitée dans le temps, elle rappelle la fragilité de la libre circulation en Europe face aux enjeux sécuritaires. Voyageurs et acteurs du tourisme doivent s’y adapter dès maintenant en anticipant les contrôles et en s’informant auprès des opérateurs de transport concernés.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
