Le Parlement européen a adopté une mise à jour partielle du règlement sur les droits des passagers aériens. Si les montants d’indemnisation pour retard de vol sont préservés, la question du bagage cabine reste un point de friction majeur entre les institutions et les compagnies low-cost. Un compromis qui laisse de nombreux voyageurs sur leur faim.
Les indemnisations pour retard maintenues, un acquis confirmé
Le règlement européen sur les droits des passagers aériens, connu sous la référence CE 261/2004, continue de faire l’objet de discussions au sein des institutions de l’Union européenne. Selon Europa Press, le Parlement européen a récemment confirmé le maintien des niveaux d’indemnisation actuels pour les retards de vol, sans les réviser à la baisse malgré la pression de certaines compagnies aériennes.
Concrètement, les passagers victimes d’un retard de plus de trois heures peuvent toujours prétendre à une indemnisation comprise entre 250 et 600 euros, selon la distance du vol. Pour un vol de moins de 1 500 kilomètres, le montant reste fixé à 250 euros. Pour les vols entre 1 500 et 3 500 kilomètres, il s’élève à 400 euros. Au-delà de 3 500 kilomètres, l’indemnisation atteint 600 euros.
Ces montants, inchangés depuis plus de vingt ans, avaient fait l’objet d’une tentative de révision à la hausse lors des négociations préliminaires. Finalement, le compromis trouvé entre le Parlement et le Conseil de l’UE a opté pour le statu quo, jugé plus acceptable par les compagnies aériennes qui faisaient face à une pression économique post-pandémique encore sensible.
« Le maintien des indemnisations actuelles représente un filet de sécurité minimal pour les passagers, mais il ne reflète plus la réalité économique de 2025. Ces montants auraient dû être indexés sur l’inflation depuis longtemps. » Transport and Environment, rapport sur les droits des passagers aériens en Europe
En Espagne, l’Agence nationale de la sécurité aérienne (AESA) a enregistré en 2024 plus de 180 000 réclamations de passagers liées à des retards ou annulations de vols, dont une grande partie concerne des liaisons opérées par des compagnies à bas coûts. Ce chiffre représente une hausse de 12 % par rapport à 2023, signe que la problématique reste très présente pour les voyageurs espagnols.
Le bagage cabine, la grande absente des garanties européennes
Si les indemnisations pour retard sont préservées, la révision du règlement n’a pas permis d’inscrire dans le marbre le droit au bagage cabine gratuit. C’est sur ce point que les négociations ont achoppé, sous la pression intense des compagnies aériennes à bas coûts comme Ryanair ou Vueling, qui ont fait du bagage cabine payant l’un de leurs principaux leviers de revenus annexes.
Selon le quotidien espagnol El País, les revenus générés par les frais de bagage représentent désormais entre 15 et 20 % du chiffre d’affaires total de certaines compagnies low-cost opérant en Europe. Ryanair, par exemple, a déclaré avoir perçu plus de 2,3 milliards d’euros de revenus auxiliaires lors de son dernier exercice fiscal, dont une part significative provient des frais liés aux bagages.
La Commission européenne avait initialement proposé d’intégrer dans le règlement une clause obligeant les compagnies à inclure au moins un bagage cabine de taille standard dans le prix du billet. Cette mesure aurait représenté une avancée majeure pour les consommateurs, en particulier pour les passagers espagnols qui empruntent massivement les lignes low-cost vers les destinations européennes.
« Obliger les compagnies à inclure le bagage cabine dans le tarif de base aurait mis fin à une pratique commerciale trompeuse qui fausse la comparaison des prix pour des millions de passagers européens chaque année. » Organisation européenne des consommateurs (BEUC), communiqué de juin 2025
Mais cette clause a été retirée du texte final après d’intenses lobbying de la part du secteur aérien. Le Conseil de l’UE, représentant les États membres, a estimé qu’une telle obligation risquait de fragiliser le modèle économique des compagnies à bas coûts, jugées essentielles pour la connectivité des régions périphériques d’Europe, dont plusieurs en Espagne comme les Canaries ou les Baléares.
La question reviendra probablement sur la table lors de la prochaine révision du règlement, prévue pour 2027. D’ici là, les passagers devront continuer à naviguer entre des offres tarifaires peu transparentes et des frais annexes difficiles à anticiper au moment de la réservation.
En attendant une réglementation plus protectrice, les associations de consommateurs espagnoles recommandent aux voyageurs de toujours comparer le coût total du billet, bagage inclus, avant de finaliser leur achat. Une démarche indispensable pour éviter les mauvaises surprises au moment de l’embarquement, où les compagnies appliquent souvent des tarifs de bagage majorés, pouvant atteindre jusqu’à 50 euros par trajet dans les aéroports espagnols les plus fréquentés comme Madrid-Barajas ou Barcelone-El Prat.
Sources et photo: Rédaction LCE ( avec l’aide de l’IA )
