Le secteur logistique espagnol confirme sa solidité en ce début d’année 2026. Avec près de 700 000 mètres carrés contractés au cours du seul premier trimestre, l’Espagne s’impose comme l’un des marchés immobiliers industriels les plus dynamiques d’Europe du Sud. Une performance qui traduit une demande soutenue, portée par la croissance du commerce en ligne et la réorganisation des chaînes d’approvisionnement à l’échelle continentale.
Un premier trimestre record pour la logistique espagnole
Selon BrainsRE, le marché logistique espagnol a enregistré une contraction de l’ordre de 700 000 mètres carrés au cours du premier trimestre 2026, un chiffre qui place ce début d’exercice parmi les plus performants de la décennie. Ce volume dépasse de près de 15 % celui observé au même trimestre en 2025, confirmant une tendance haussière amorcée depuis la sortie de crise sanitaire.
Les deux grandes zones métropolitaines du pays concentrent l’essentiel de cette activité. Madrid et sa région représentent à elles seules environ 45 % des surfaces contractées, avec des opérations majeures enregistrées dans les corridors de Getafe, Coslada et Alcalá de Henares. Barcelone et sa couronne logistique captent quant à elles près de 30 % du total, notamment grâce à des projets développés dans le Baix Llobregat et dans la zone franche portuaire.
Le reste des transactions se répartit entre des marchés secondaires en plein essor, comme Valence, Saragosse et Bilbao, qui profitent de leur position stratégique sur les axes de transport européens. Ces villes intermédiaires attirent désormais des opérateurs de premier plan, séduits par des loyers encore compétitifs et une disponibilité foncière plus importante qu’en région capitale.
« Le premier trimestre 2026 confirme que la demande logistique en Espagne ne faiblit pas. Les utilisateurs cherchent des surfaces modernes, bien connectées et proches des grands bassins de consommation. » Analyse BrainsRE, rapport T1 2026
Cette dynamique s’explique en grande partie par la montée en puissance du e-commerce, qui continue de générer des besoins importants en entrepôts de proximité, dits « last mile ». Les opérateurs de la grande distribution, du secteur pharmaceutique et de la mode sont parmi les principaux moteurs de cette demande, recherchant des plateformes capables de répondre à des délais de livraison toujours plus courts.
Des loyers en hausse et une offre sous pression
La forte demande observée en ce début d’année exerce une pression croissante sur les loyers prime. Selon BrainsRE, le loyer prime à Madrid s’établit désormais autour de 7,50 euros par mètre carré et par mois, en progression de près de 8 % sur douze mois glissants. À Barcelone, ce même indicateur atteint 8,20 euros par mètre carré et par mois, un niveau historiquement élevé qui reflète la rareté des surfaces disponibles dans les zones les plus recherchées.
Face à cette tension, les développeurs multiplient les projets en blanc, c’est-à-dire construits sans locataire préalablement identifié, pariant sur une absorption rapide une fois les bâtiments livrés. On estime que près de 1,2 million de mètres carrés sont actuellement en cours de développement sur l’ensemble du territoire espagnol, avec des livraisons attendues d’ici la fin de l’année 2026.
Selon le cabinet de conseil CBRE Espagne, le taux de vacance logistique dans la région de Madrid est tombé à moins de 4 %, un seuil critique en dessous duquel les utilisateurs peinent à trouver des solutions adaptées à leurs besoins immédiats. Cette situation pousse certains groupes à anticiper leurs recherches de deux à trois ans, en signant des baux en état futur d’achèvement.
« La rareté du foncier disponible dans les zones prime oblige les utilisateurs à élargir leur périmètre de recherche ou à s’engager très en amont dans des projets de développement sur mesure. » CBRE Espagne, analyse du marché logistique 2026
Les investisseurs institutionnels ne sont pas en reste. Le volume d’investissement dans l’immobilier logistique espagnol a dépassé 1,1 milliard d’euros au premier trimestre 2026, avec une forte présence de fonds allemands, néerlandais et nord-américains. Ces acteurs voient dans l’Espagne un marché offrant encore des rendements attractifs, compris entre 4,5 % et 5,2 % selon les localisations, dans un contexte européen où les taux se sont stabilisés.
La durabilité des actifs devient par ailleurs un critère de sélection incontournable. Les certifications environnementales telles que BREEAM et LEED sont désormais exigées par une majorité de locataires et d’investisseurs, accélérant la mise aux normes du parc existant et orientant les nouvelles constructions vers des standards énergétiques élevés.
En conclusion, le marché logistique espagnol affiche en ce premier trimestre 2026 une vitalité remarquable, portée par une demande structurelle forte, des loyers en progression et un intérêt soutenu des capitaux internationaux. Si les défis liés à la disponibilité foncière et à la hausse des coûts de construction restent réels, l’Espagne consolide son statut de destination logistique de premier plan en Europe, avec des perspectives favorables pour les trimestres à venir.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
