Les Canaries paient le prix du blocage du système européen de passeports.

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Les Canaries paient le prix du blocage du système européen de passeports

Depuis plusieurs semaines, les aéroports des îles Canaries font face à des perturbations majeures liées à une défaillance du système européen de vérification des passeports. Des milliers de passagers se retrouvent bloqués aux contrôles d’identité, plongeant les terminaux dans le chaos et mettant sous pression compagnies aériennes et autorités locales.

Un système de vérification en panne qui paralyse les aéroports canariens

Les aéroports des Canaries, parmi les plus fréquentés d’Espagne avec plus de 47 millions de passagers accueillis en 2024, sont devenus le terrain d’une crise sans précédent. Le système européen de lecture et de vérification des documents d’identité biométriques, censé fluidifier les contrôles aux frontières, connaît depuis plusieurs semaines des pannes répétées et prolongées.

Les conséquences sont immédiates et visibles : des files d’attente de plusieurs centaines de mètres se forment aux postes de contrôle, les temps d’embarquement explosent, et de nombreux vols accusent des retards importants. Certains passagers rapportent avoir attendu plus de deux heures dans des couloirs surchauffés avant de pouvoir passer les contrôles.

Selon Preferente, les aéroports de Gran Canaria, Tenerife Sud et Lanzarote sont les plus touchés par ces dysfonctionnements. La défaillance concerne les bornes automatiques de lecture de passeports, qui ne parviennent plus à communiquer correctement avec les bases de données européennes d’identification, forçant le recours à des contrôles manuels beaucoup plus lents.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les îles Canaries sont en pleine saison estivale, période durant laquelle le trafic aérien atteint son pic annuel. Les mois de juillet et août représentent à eux seuls près de 25 % du trafic annuel de l’archipel, selon les données d’AENA, le gestionnaire des aéroports espagnols.

« Les passagers arrivent à l’heure, mais le système les retient. Ce n’est pas un problème de gestion locale, c’est une défaillance technique d’ordre européen que nous subissons de plein fouet. » Un responsable opérationnel de l’aéroport de Tenerife Sud, cité par Preferente

Des répercussions économiques et humaines considérables pour l’archipel

L’impact économique de cette crise est loin d’être négligeable. Le tourisme représente environ 35 % du PIB des Canaries, et toute perturbation majeure du trafic aérien se traduit directement par des pertes pour les hôtels, les agences de voyage et les commerces locaux. Des tour-opérateurs européens, notamment britanniques et allemands, ont déjà commencé à alerter leurs clients sur les risques de retards à l’arrivée et au départ.

Les compagnies aériennes low-cost, qui représentent une part dominante du trafic vers les Canaries, sont particulièrement exposées. Des opérateurs comme Ryanair, Wizz Air ou easyJet, dont les modèles économiques reposent sur une rotation rapide des appareils, voient leurs plannings perturbés en cascade. Un retard de deux heures sur un vol entrant peut décaler l’ensemble des rotations de la journée.

Selon le syndicat des contrôleurs aériens espagnols USCA, les agents en poste dans les aéroports canariens travaillent dans des conditions de stress extrême depuis le début des pannes. Plusieurs demandes d’urgence ont été adressées aux autorités nationales et européennes pour accélérer la résolution technique du problème.

Du côté des passagers, les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux. Des familles entières racontent avoir raté leur correspondance, des travailleurs saisonniers signalent des perturbations dans leur retour au travail, et des personnes âgées ou à mobilité réduite se retrouvent particulièrement vulnérables dans ces situations de blocage prolongé.

« Nous avons attendu deux heures trente à Gran Canaria avec nos enfants. Personne ne nous expliquait ce qui se passait. Les agents faisaient de leur mieux mais ils étaient débordés. » Témoignage d’un voyageur français publié sur les réseaux sociaux, relayé par Preferente

Les autorités espagnoles ont officiellement saisi la Commission européenne pour obtenir des clarifications sur les délais de remise en service du système. Madrid exige une réponse rapide, estimant que les régions insulaires, déjà fragilisées par leur dépendance totale au transport aérien, ne peuvent pas se permettre de subir ce type de défaillance sans compensation ni solution d’urgence.

En attendant une résolution technique, des effectifs supplémentaires ont été déployés dans les principaux aéroports de l’archipel pour gérer les contrôles manuels. AENA a également ouvert des couloirs supplémentaires et renforcé la signalétique pour orienter les passagers. Ces mesures palliatives permettent de limiter les dégâts, mais elles ne règlent pas le problème de fond.

Cette crise met en lumière une vulnérabilité systémique de l’espace Schengen : la dépendance croissante à des outils numériques centralisés pour la gestion des frontières, sans filet de sécurité suffisant en cas de panne. Les Canaries, en bout de chaîne géographique et administrative, paient aujourd’hui le prix d’une infrastructure européenne insuffisamment robuste face aux volumes de trafic estivaux.

Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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