En 2026, l’Espagne franchit une nouvelle étape dans la reconnaissance du travail agricole féminin. Le gouvernement espagnol a annoncé l’attribution de 1,8 million d’euros en aides directes destinées aux exploitations agricoles à titularité partagée, un dispositif légal qui permet aux couples travaillant ensemble sur une même exploitation de partager officiellement les droits, les responsabilités et les revenus liés à l’activité agricole.
Un dispositif légal au service de l’égalité dans le monde rural
La titularité partagée des exploitations agricoles est un mécanisme juridique instauré en Espagne par la loi 35/2011. Son objectif principal est de rendre visible et de reconnaître le travail des femmes dans le secteur agricole, qui pendant des décennies ont contribué activement aux exploitations familiales sans bénéficier d’une reconnaissance officielle, ni de droits sociaux ni économiques propres.
Selon Agronews Castilla y León, le nombre d’exploitations inscrites sous ce régime a progressivement augmenté depuis l’entrée en vigueur de la loi, même si les chiffres restent encore modestes par rapport au potentiel du secteur. En 2026, on recense environ 1 200 exploitations enregistrées sous ce statut à l’échelle nationale, un chiffre en hausse de près de 15 % par rapport à l’année précédente.
Ces aides s’inscrivent dans le cadre du Plan stratégique de la PAC (Politique agricole commune) pour la période 2023-2027, qui intègre des objectifs spécifiques en matière d’égalité de genre dans le monde rural. La dotation de 1,8 million d’euros sera répartie entre les différentes communautés autonomes espagnoles selon des critères liés au nombre d’exploitations inscrites et aux besoins identifiés sur le terrain.
« La titularité partagée n’est pas seulement une question de reconnaissance symbolique, c’est un outil concret qui donne aux femmes rurales un accès direct aux aides, aux crédits et aux droits sociaux. » Ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, rapport 2025
Les bénéficiaires de ce régime peuvent accéder à des avantages fiscaux, à des réductions de cotisations sociales et à des aides spécifiques dans le cadre des programmes de développement rural. En pratique, chaque cotitulaire de l’exploitation est considéré comme un agriculteur à part entière, avec tous les droits qui en découlent.
Des aides concrètes pour encourager les inscriptions et soutenir les exploitations
Le paquet de 1,8 million d’euros comprend plusieurs volets d’intervention. Une partie des fonds, estimée à environ 900 000 euros, sera consacrée à des aides directes à l’investissement pour les exploitations déjà inscrites sous le régime de titularité partagée. Ces subventions peuvent couvrir jusqu’à 40 % du coût des projets de modernisation ou de diversification agricole.
Un second volet, doté de 600 000 euros, est destiné à des actions de formation et d’accompagnement des femmes souhaitant formaliser leur participation à l’exploitation familiale. Ces programmes incluent des sessions de conseil juridique, des ateliers de gestion agricole et des formations sur les droits sociaux liés au statut de cotitulaire.
Selon le ministère espagnol de l’Agriculture, les 300 000 euros restants seront alloués à des campagnes de sensibilisation et de promotion du dispositif auprès des agriculteurs et des organisations professionnelles agricoles. L’objectif est d’atteindre 2 000 exploitations inscrites d’ici la fin de l’année 2026.
« Nous voulons que chaque femme qui travaille sur une exploitation familiale puisse exercer ses droits pleinement, avec un accès aux aides européennes et une protection sociale réelle. » Déclaration officielle du ministère espagnol de l’Agriculture, juin 2026
Les communautés autonomes jouent un rôle clé dans la mise en oeuvre de ces aides. Castilla y León, l’Andalousie et la Galice, qui concentrent une grande partie des exploitations agricoles espagnoles, devraient être les premières bénéficiaires de cette enveloppe. En Castilla y León notamment, le secteur agricole représente une part significative de l’économie régionale, avec plus de 100 000 exploitations actives selon les derniers recensements agricoles.
Les associations de femmes rurales saluent cette initiative, tout en appelant à aller plus loin. Elles réclament une simplification des démarches administratives nécessaires pour s’inscrire sous le régime de titularité partagée, souvent jugées trop complexes par les agriculteurs concernés.
En conclusion, l’attribution de 1,8 million d’euros en aides pour les exploitations agricoles à titularité partagée en 2026 constitue un signal fort en faveur de l’égalité de genre dans le monde rural espagnol. Si les montants restent encore limités au regard des besoins du secteur, ce dispositif illustre une volonté politique croissante de valoriser le travail des femmes agricultrices et de renforcer la viabilité des exploitations familiales. L’enjeu pour les prochaines années sera d’amplifier ce mouvement et d’encourager davantage d’exploitations à franchir le pas de la titularité partagée.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
