PMI services Espagne : 57,8 en août, deuxième meilleure performance en trois ans et demi.

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Publié ce 3 septembre 2026, l’indice PMI d’activité des services de S&P Global pour l’Espagne confirme la solidité remarquable de l’économie de services espagnole. À 57,8 en août, contre 58,3 en juillet, le secteur signe sa deuxième meilleure lecture en près de trois ans et demi. Portée par une demande intérieure vigoureuse, la croissance résiste malgré une confiance des entreprises en retrait et des coûts toujours sous pression.

Une activité à deux vitesses : services solides, industrie en recul

Selon l’indice PMI composite S&P Global publié ce mercredi, l’Espagne affiche un score de 55,8 en août, en légère baisse par rapport aux 56,5 enregistrés en juillet. Un chiffre qui résume à lui seul la dualité de l’économie espagnole en cette rentrée : la croissance est entièrement portée par le secteur des services, tandis que la production manufacturière a reculé dans les plus grandes proportions depuis décembre 2023.

Le PMI services à 57,8, tout score supérieur à 50 signalant une expansion, place l’Espagne parmi les économies de services les plus dynamiques d’Europe. Les secteurs du Commerce et des Services professionnels ainsi que de la Finance et de l’Immobilier ont particulièrement bien performé, enregistrant de fortes hausses de la production et des ventes. À l’inverse, le Transport a été le seul secteur à enregistrer un recul de l’activité en août, un résultat cohérent avec les difficultés que traverse le fret routier depuis plusieurs mois.

« La demande intérieure reste le moteur principal de la croissance espagnole. Malgré un environnement international incertain, les entreprises de services continuent d’enregistrer des hausses marquées de leurs nouvelles commandes. » S&P Global, rapport PMI services Espagne, 3 septembre 2026

Emploi, coûts et confiance : les trois signaux à surveiller

L’analyse détaillée du rapport PMI livre trois enseignements pour la rentrée. Sur l’emploi d’abord : les niveaux d’emploi ont augmenté pour la quatrième année consécutive dans le secteur des services, mais le rythme de croissance s’est affaibli à son plus bas niveau en quatre mois, certaines entreprises ayant choisi de ne pas remplacer les travailleurs partants. Un signal de prudence à surveiller dans les prochains mois.

Sur les coûts ensuite : les charges d’exploitation ont continué d’augmenter, principalement sous l’effet des dépenses énergétiques et en carburant, ainsi que des pressions salariales. Une pression que les prestataires de services ont répercutée sur leurs tarifs à un rythme plus soutenu qu’en juillet, bien que le taux d’inflation des coûts soit tombé à son niveau le plus bas depuis janvier, signe d’une légère détente.

Sur la confiance enfin : la confiance des entreprises est tombée à son plus bas niveau en trois mois en août. L’incertitude géopolitique persistante, notamment liée au conflit au Moyen-Orient, pèse sur les perspectives à moyen terme, malgré les espoirs de nombreuses entreprises quant à une stabilisation de l’environnement macroéconomique. Les nouvelles commandes à l’exportation n’ont progressé que modestement en août, la demande étrangère ayant pâti de ces incertitudes.

Les arriérés s’accumulent : signe de saturation ou de dynamisme ?

Un indicateur plus discret mérite l’attention : les arriérés de travail ont augmenté pour le troisième mois consécutif en août, avec une accélération atteignant son niveau le plus élevé depuis décembre 2024. Ce phénomène traduit une demande qui dépasse la capacité de traitement immédiate des entreprises de services, un signe de dynamisme à court terme, mais aussi un risque de goulot d’étranglement si les carnets continuent de se remplir sans renfort d’effectifs.

Ces données PMI s’inscrivent dans une dynamique macroéconomique que les grandes institutions confirmaient déjà. Selon Coface, la croissance espagnole devrait se modérer à environ 2 % en 2026, portée principalement par la consommation privée, représentant près de 55 % du PIB, et l’investissement. L’Espagne reste ainsi nettement au-dessus de la moyenne des principales économies européennes, dans un contexte où la demande intérieure compense la contribution négative du secteur extérieur.

Pour les entreprises françaises et internationales présentes en Espagne, le message de cette rentrée est limpide : le marché des services reste l’un des plus porteurs d’Europe, mais les conditions d’exploitation, coûts énergétiques, pression salariale, incertitude géopolitique, imposent une gestion fine des marges dans les mois à venir.

Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)

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