Dunas Capital avertit : la BCE pourrait encore relever ses taux d’intérêt.

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Dunas Capital avertit : la BCE pourrait encore relever ses taux d'intérêt

Alors que les marchés financiers européens tablaient sur une pause durable de la Banque centrale européenne, le gestionnaire d’actifs espagnol Dunas Capital vient de lancer un avertissement qui bouscule les anticipations. Selon la société, il existe une « possibilité réelle » que la BCE reprenne sa politique de hausse des taux, une perspective qui pourrait redistribuer les cartes pour les investisseurs en 2026.

Dunas Capital remet en question le consensus du marché

Selon idealista/news, Dunas Capital estime que la Banque centrale européenne n’a pas nécessairement terminé son cycle de resserrement monétaire. La société de gestion, qui supervise plusieurs milliards d’euros d’actifs, met en garde contre une lecture trop optimiste des signaux envoyés par Francfort.

Les experts de Dunas Capital soulignent que l’inflation dans la zone euro, bien qu’en recul par rapport à ses sommets historiques, reste supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la BCE. En mai 2026, l’inflation de la zone euro s’établissait encore autour de 2,4 %, un niveau qui, selon la société, justifie une vigilance accrue de la part des autorités monétaires.

« Il existe une possibilité réelle que la BCE soit contrainte de relever à nouveau ses taux si les données d’inflation continuent de surprendre à la hausse. Les marchés sous-estiment ce risque. » Dunas Capital, juin 2026

La société rappelle que la BCE a déjà procédé à dix hausses consécutives de ses taux directeurs entre juillet 2022 et septembre 2023, portant le taux de dépôt à 4 %, son niveau le plus élevé depuis la création de l’euro. Si une série de baisses a suivi en 2024 et 2025, le cycle actuel reste fragile selon l’analyse de Dunas Capital.

Selon les analystes de la société, plusieurs facteurs alimentent ce risque : la résilience du marché de l’emploi en zone euro, avec un taux de chômage historiquement bas à 6,1 % début 2026, ainsi que des tensions persistantes sur les prix des services, qui progressent encore à un rythme annuel supérieur à 3 %.

Les implications concrètes pour les investisseurs

Face à ce scénario, Dunas Capital recommande aux investisseurs d’adopter une approche prudente sur les actifs sensibles aux taux d’intérêt. Les obligations à long terme, en particulier les emprunts d’État de la zone euro avec des maturités supérieures à dix ans, seraient les plus exposées en cas de nouvelle hausse des taux directeurs.

Selon Bloomberg, une hausse de 25 points de base supplémentaire de la BCE pourrait entraîner une perte en capital de l’ordre de 2 à 3 % sur les obligations souveraines à dix ans, un impact non négligeable pour les portefeuilles obligataires conservateurs.

Dunas Capital préconise en revanche de privilégier les instruments à duration courte, comme les obligations d’entreprises à échéance de deux à trois ans, ou encore les fonds monétaires qui continuent de bénéficier d’un environnement de taux élevés. La société note que les fonds monétaires européens ont collecté plus de 150 milliards d’euros en 2025, témoignant d’un appétit marqué des investisseurs pour la sécurité et le rendement à court terme.

« Dans cet environnement incertain, la gestion active et la flexibilité sont essentielles. Il ne faut pas considérer que le travail de la BCE est terminé, car les données macroéconomiques peuvent encore évoluer défavorablement sur le front des prix. » Équipe de gestion, Dunas Capital, juin 2026

Selon l’agence de notation Fitch, le scénario d’une BCE contrainte de remonter ses taux en 2026 est certes minoritaire mais ne peut pas être exclu, notamment si les négociations salariales dans les grandes économies de la zone euro, comme l’Allemagne et la France, débouchent sur des augmentations de salaires plus importantes que prévu, alimentant ainsi une inflation par les coûts.

Sur les marchés actions, une telle perspective pèserait davantage sur les secteurs fortement endettés comme l’immobilier coté, les utilities et certaines valeurs technologiques dont les valorisations reposent sur des flux de trésorerie futurs actualisés à des taux bas. À l’inverse, les valeurs financières, notamment les banques, pourraient en profiter grâce à une amélioration de leurs marges nettes d’intérêt.

En conclusion, l’avertissement de Dunas Capital invite les investisseurs à ne pas céder à la complaisance face à une politique monétaire européenne qui reste conditionnelle aux données économiques. Alors que beaucoup anticipaient une normalisation rapide et linéaire des taux, la réalité pourrait se révéler plus complexe. La prudence, la diversification et une attention soutenue aux publications macroéconomiques de la zone euro s’imposent comme les maîtres mots d’une stratégie d’investissement avisée pour le second semestre 2026.

Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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