Crise historique des céréales en Castille-et-León : des pertes de plus de 20 000 euros par exploitation.

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Crise historique des céréales en Castille-et-León : des pertes de plus de 20 000 euros par exploitation et une manifestation massive à Valladolid le 20 mai.

La Castille-et-León, grenier à blé de l’Espagne, traverse l’une des crises agricoles les plus sévères de son histoire récente. Entre effondrements des prix, sécheresses répétées et hausses des coûts de production, les céréaliculteurs de la région se mobilisent massivement pour alerter les pouvoirs publics sur une situation devenue insoutenable.

Des pertes économiques sans précédent pour les exploitations céréalières

La campagne céréalière 2025-2026 s’annonce catastrophique pour des milliers d’agriculteurs castillans.

Selon AgronewsCastillaYLeon, les pertes moyennes par exploitation dépassent désormais les 20 000 euros, un seuil jamais atteint depuis plusieurs décennies dans cette région agricole stratégique.

Cette dégradation résulte d’une combinaison de facteurs particulièrement défavorables. Les prix du blé tendre ont chuté de près de 30 % en deux ans sur les marchés espagnols, passant sous la barre des 170 euros la tonne, bien en dessous du seuil de rentabilité estimé à 210 euros pour la majorité des exploitations de taille moyenne.

Parallèlement, les coûts de production ont continué d’augmenter. Les intrants agricoles, notamment les engrais azotés, restent à des niveaux élevés malgré une légère détente par rapport aux pics de 2022. Le gazole agricole, les semences certifiées et les produits phytosanitaires représentent aujourd’hui plus de 60 % du budget opérationnel d’une exploitation céréalière type en Castille-et-León.

La sécheresse a aggravé le tableau. La campagne 2024-2025 avait déjà enregistré un déficit pluviométrique de 35 % par rapport à la moyenne saisonnière, réduisant les rendements de l’orge et du blé dur de façon significative dans les provinces de Zamora, Salamanque et Ávila.

« Nous produisons à perte depuis deux ans. Avec 20 000 euros de déficit par exploitation, beaucoup de familles agricoles n’ont plus les moyens d’ensemencer pour la prochaine campagne. » Porte-parole de la coordination des céréaliculteurs de Castille-et-León, mai 2026

Les petites et moyennes exploitations, qui représentent plus de 70 % des unités de production céréalières de la région, sont les plus vulnérables. Beaucoup d’entre elles fonctionnent désormais à crédit, accumulant des dettes auprès des coopératives et des fournisseurs d’intrants.

Une mobilisation historique prévue à Valladolid le 20 mai 2026

Face à cette situation alarmante, les organisations agricoles de la région ont décidé de hausser le ton. Une grande manifestation est prévue le 20 mai 2026 à Valladolid, capitale régionale et symbole du monde rural castillan.

Les organisateurs espèrent rassembler plusieurs milliers d’agriculteurs venus de toutes les provinces de la communauté autonome. Des convois de tracteurs sont annoncés depuis Burgos, León, Palencia, Ségovie et Soria, convergeant vers le centre de Valladolid pour une démonstration de force sans précédent.

Selon la coordination régionale des syndicats agricoles, trois revendications principales structurent ce mouvement de protestation. En premier lieu, la mise en place d’un prix plancher garanti pour les céréales, indexé sur les coûts réels de production. En deuxième lieu, une révision urgente des aides de la Politique Agricole Commune pour mieux cibler les exploitations en difficulté. Enfin, l’instauration d’un moratoire sur les remboursements de crédits agricoles pour les exploitations ayant subi des pertes supérieures à 15 000 euros lors de la dernière campagne.

« Le 20 mai, Valladolid doit résonner. Si personne ne nous entend aujourd’hui, dans cinq ans il n’y aura plus d’agriculteurs pour nourrir l’Espagne. » Déclaration de la Coordination des Organisations Agraires de Castille-et-León, avril 2026

Selon le ministère de l’Agriculture espagnol, la Castille-et-León concentre à elle seule près de 40 % de la production nationale de céréales, avec environ 3,5 millions d’hectares cultivés chaque année. Une crise prolongée dans cette région aurait des répercussions directes sur la sécurité alimentaire nationale et sur les exportations espagnoles vers le reste de l’Union européenne.

La mobilisation du 20 mai intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections régionales. Le gouvernement de la Junta de Castilla y León, confronté à une pression croissante des syndicats agricoles, a annoncé l’ouverture de négociations d’urgence, sans toutefois s’engager sur des mesures concrètes à ce stade.

La crise des céréales en Castille-et-León illustre une réalité plus large : l’agriculture européenne se trouve à un carrefour critique, coincée entre les exigences environnementales du Pacte Vert, la volatilité des marchés mondiaux et des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles. La manifestation du 20 mai sera un test décisif pour mesurer la capacité du monde agricole à imposer ses revendications dans l’agenda politique national et européen.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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