Les prix de l’huile d’olive baissent à la production en Espagne. Les grandes organisations agricoles réclament au gouvernement un outil inédit : retirer de l’huile du marché. Elles veulent éviter que les cours s’effondrent avec une récolte attendue en hausse de 23 %.
C’est la suite de notre article « Huile d’olive : les prix vont-ils enfin baisser cet hiver ? ». La réponse est oui pour les producteurs. Pour le consommateur, c’est moins net.
Prix de l’huile d’olive : une baisse à la production
L’huile vierge extra est cotée autour de 3,16 euros le kilo à l’origine pendant la semaine du 13 au 19 octobre. C’est le chiffre de Poolred, repris par l’association ASAJA de Jaén.
Fin juin, la même source la cotait à 3,80 euros le kilo. La baisse atteint donc environ 17 % en moins de quatre mois.
L’huile lampante, de qualité inférieure, tourne autour de 2,88 euros le kilo. Les organisations affirment que ces prix se situent sous les coûts de production de nombreuses exploitations.
Une récolte en forte hausse
Le ministère de l’Agriculture estime la production 2026-2027 à 1 602 596 tonnes. C’est 23 % de plus que lors de la campagne précédente, qui a produit environ 1,3 million de tonnes. L’estimation reste préliminaire.
L’Andalousie fournit 1 261 200 tonnes, soit 29 % de plus et environ 79 % du total national. La province de Jaén produit à elle seule 575 000 tonnes.
Avec les stocks de la campagne précédente, l’offre disponible dépasse 2 millions de tonnes. Les organisations la chiffrent à plus de 2 175 000 tonnes.
Ce que demandent les agriculteurs
Le 20 octobre, ASAJA, COAG, UPA et les coopératives Cooperativas Agro-alimentarias ont demandé au ministre Luis Planas d’appliquer immédiatement la norme de commercialisation de l’huile d’olive.
Cette norme repose sur l’article 167 bis du règlement européen sur l’organisation des marchés agricoles. Elle permet de réguler l’offre pour stabiliser le marché. Selon les organisations, elle oblige les moulins à stocker un pourcentage de leur huile. Pour l’appliquer, le ministère doit publier une ordonnance et une résolution.
Les organisations disent que la Commission européenne soutient la mesure. L’industrie et les exportateurs s’y opposent. Les organisations estiment qu’ils veulent acheter l’huile à bas prix.
Où en est le gouvernement
Le ministère n’a pas encore répondu. Fin septembre, il avait annoncé qu’il déciderait dans la première quinzaine de novembre s’il retire temporairement de l’huile du marché. Ce serait la première fois que l’Espagne applique cette mesure.
Luis Planas demande de la prudence et dit qu’il ne préjuge pas du résultat. Il a aussi affirmé que les importations de Tunisie, au maximum 5,82 % des volumes commercialisés en Espagne, ne pèsent pas sur la formation des prix.
Et dans les supermarchés ?
La baisse à la production met du temps à arriver en rayon. Le 13 octobre, on trouvait de l’huile vierge extra à partir de 3,79 euros le litre en bidon de 5 litres. Les prix varient selon la marque, le format et les promotions.
La suite dépendra de la décision de novembre et de la récolte. Un retrait du marché viserait à soutenir les cours à la production. Il pourrait donc limiter la baisse pour les consommateurs.
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
