Déplacements sur le terrain, réunions institutionnelles, prises de position parlementaires : la députée des Français établis hors de France Nathalie Coggia a enchaîné une semaine particulièrement dense entre l’Espagne et le Portugal. Du dossier épineux des lycées français en Espagne à la question de l’emploi francophone, en passant par les retraites, son agenda reflète l’étendue de ses responsabilités.
Alicante : une journée de terrain auprès des Français d’Espagne
Le 13 juin, Nathalie Coggia s’est rendue à Alicante pour une journée rythmée par plusieurs rencontres. Elle a d’abord visité le Lycée français international d’Alicante, accueillie par le proviseur Christophe Gallais, avant d’échanger avec des représentants des parents d’élèves et du personnel. Au menu notamment : la reprise prochaine de l’établissement par le tandem AFLEC/GEE, après la décision de la Mission Laïque Française de céder ses neuf établissements espagnols. Une transition accueillie, selon elle, avec « un optimisme prudent » par la communauté éducative. Elle a ensuite rencontré Sènakpon Gbassi, consul honoraire de France à Alicante, pour faire le point sur l’accès aux services consulaires. Une réunion publique a permis à de nombreux Français installés dans la région d’échanger directement avec leur élue, notamment sur le renouvellement des documents d’identité. La journée s’est terminée par une visite de l’École européenne d’Alicante, dont le directeur Giancarlo Marcheggiano l’a reçue pour évoquer les enjeux de l’enseignement européen et son articulation avec les réseaux nationaux.
Lycées français en Espagne : un transfert sous surveillance
Quelques jours plus tôt, le 10 juin, Nathalie Coggia avait publiquement détaillé sa position sur la cession des neuf établissements gérés par la Mission Laïque Française. Après un échange avec la direction de la MLF, elle a précisé les contours du repreneur : l’AFLEC, association pédagogique expérimentée qui gère déjà plus de 7 000 élèves dans plusieurs pays, et le GEE, groupe immobilier émirati-libanais chargé de la dimension juridique et financière. La députée a conditionné son soutien à l’opération au respect de trois continuités : pédagogique, sociale et juridique. Elle exige notamment le maintien de l’homologation des établissements, la reprise des personnels par subrogation, et une stabilité des frais de scolarité. « Je resterai vigilante », a-t-elle écrit, afin de garantir la stabilité des communautés scolaires concernées.
Emploi francophone en Espagne : un écosystème à construire
Le 12 juin, Nathalie Coggia a réuni des représentants d’entreprises françaises implantées en Espagne, des conseillers du commerce extérieur et des membres de la Chambre franco-espagnole, dans les locaux de BNP Paribas à Madrid. L’objectif : mieux connecter les talents francophones déjà présents sur le territoire ibérique avec les recruteurs français. Le constat partagé lors de la réunion est que des milliers de professionnels expérimentés vivent déjà dans la péninsule, mais restent trop souvent hors de portée des entreprises qui cherchent à recruter. Plusieurs pistes ont été évoquées : renforcer la plateforme Carrière Espagne-Portugal, organiser un forum emploi dédié aux profils expérimentés, et mettre en place une gouvernance pérenne. Un groupe de travail a été lancé, avec une première réunion prévue en juillet.
Retraites : un appel à ne pas détourner les yeux
Sur le front parlementaire, Nathalie Coggia a publié le 14 juin une analyse du rapport annuel du Conseil d’Orientation des Retraites, qui révise fortement à la hausse ses prévisions de déficit à long terme, désormais estimé à 2,4 % du PIB en 2070 contre 1,4 % l’année précédente. La députée y voit le signe d’une dérive préoccupante, accentuée par la suspension de la réforme des retraites de 2023, dont le coût est estimé à 1,8 milliard d’euros par an. Comme elle l’écrit, « chaque euro de dette est un impôt différé sur les générations suivantes », qui risquent selon elle de payer à la fois par des cotisations plus élevées, un départ en retraite plus tardif, des pensions moins élevées et le remboursement d’une dette accumulée. Elle appelle à un débat sérieux sur les leviers d’ajustement, tout en dénonçant les renoncements politiques de court terme.
Lisbonne et lutte contre le plastique : deux rendez-vous à venir
Nathalie Coggia a également annoncé une rencontre citoyenne à Lisbonne le 18 juin, ouverte à tous les Français établis au Portugal, pour un échange libre autour de l’actualité parlementaire et des préoccupations de la communauté. Par ailleurs, elle figurait parmi les intervenants d’une matinée organisée le 17 juin à Paris par l’association No Plastic in My Sea, consacrée à l’hydratation sans plastique. Un événement inscrit dans le cadre des discussions autour du plan plastique et de la loi AGEC, qui prévoit de réduire de moitié les 15 milliards de bouteilles plastiques mises sur le marché en France chaque année.
Source et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
