Le gouvernement espagnol prévoit une TVA à 21 % et une majoration de la taxe foncière jusqu’à 100 % pour les logements touristiques.

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Le PSOE et Sumar ont négocié un décret qui entend porter un coup fiscal sans précédent aux locations touristiques en Espagne. TVA au taux plein, majoration de l’IBI, sanctions millionnaires pour les plateformes et nouvelles obligations pour propriétaires et locataires. Le problème : le gouvernement n’a pas les voix pour l’adopter, et son examen est repoussé à après l’été.

Un arsenal fiscal conçu pour décourager la location touristique

Selon ABC, le décret négocié entre le PSOE et Sumar attaque le phénomène des logements touristiques sur trois fronts simultanés. Le premier concerne la TVA : le texte supprime l’exonération de la taxe pour les séjours courts et exclut ces logements du taux réduit de 10 % applicable à l’hôtellerie. À la place, les propriétaires qui louent pour des périodes inférieures à 30 jours dans les communes de plus de 10 000 habitants passeraient au taux général de 21 %.

Le deuxième front porte sur l’IBI, l’équivalent espagnol de la taxe foncière. La norme habiliterait les mairies à appliquer une majoration allant jusqu’à 50 % sur la quote-part liquidée pour les biens immobiliers touristiques situés dans des zones dites « tendues ». La pénalisation est doublée pour les grands propriétaires : ceux qui détiennent quatre logements touristiques ou plus pourraient voir leur majoration portée à 100 %.

Le troisième front vise directement les plateformes numériques. Selon le texte du décret, Airbnb, Booking et leurs équivalents seraient soumis à un régime de sanctions selon leur niveau de coopération avec le Guichet Unique Digital, la plateforme publique destinée à centraliser et contrôler les données de la location de courte durée. Les sanctions les plus graves atteindraient un million d’euros ou 2 % du chiffre d’affaires mondial de l’exercice précédent. Les infractions graves pour données incomplètes ou inexactes seraient fixées à 500 000 euros ou 1 % du chiffre d’affaires, et les infractions légères, pour envoi hors délai, à 100 000 euros.

« Les sanctions prévues, dans leur volet le plus grave, pourraient atteindre 1 000 000 d’euros ou jusqu’à 2 % du volume d’affaires mondial de l’exercice précédent. » ABC, 28 juillet 2026

Sans soutien parlementaire, le décret attend l’automne

Pour que toutes ces mesures aboutissent, l’exécutif a besoin de la validation du Congrès, et pour l’heure, les soutiens sont insuffisants. Selon ABC, l’adoption en Conseil des ministres a été repoussée à après l’été.

Les réticences viennent de directions différentes. Junts a menacé de faire tomber le décret, qu’il juge « interventionniste », et exige des avantages fiscaux pour les petits propriétaires ainsi que des mesures contre l’occupation illégale. Podemos, de son côté, rejette l’intention du gouvernement d’inclure dans le paquet une partie de la réforme de la loi foncière avortée, et dénonce des changements qui constitueraient selon lui « une autoroute aux spéculations immobilières » et « légaliseraient de très nombreux projets illégaux ».

D’autres mesures dans le paquet : locataires, socimis et location temporaire

Au-delà des logements touristiques, le décret comprend une série de mesures supplémentaires à impact direct sur le marché résidentiel. Parmi elles : le rétablissement du gel pendant deux ans des contrats de location arrivant à échéance avant le 30 juin 2028 ; la possibilité pour les locataires de déduire du loyer le coût des réparations que le propriétaire refuse de prendre en charge, après un délai de quinze jours pour que ce dernier réponde ; l’interdiction de facturer au locataire les assurances contre les impayés ; et la suppression des avantages fiscaux accordés aux socimis détenant des actifs résidentiels.

Ces dernières verraient leur imposition passer de 15 à 25 % sur les bénéfices non distribués, avec toutefois la possibilité de réduire leur charge fiscale de moitié si elles consacrent 80 % de leurs logements à la location à prix abordable.

Pour la location temporaire, le texte prévoit que les contrats devront préciser la raison réelle du déplacement temporaire du locataire, la charge de la preuve incombant au propriétaire. L’absence d’une cause justifiée transformerait automatiquement le contrat en bail de résidence principale, avec effet rétroactif.

Le marché du logement en Espagne aborde ainsi un automne politique chargé d’incertitudes. Le décret existe, les mesures sont conçues, mais leur avenir dépend d’une arithmétique parlementaire qui, pour l’heure, ne sourit pas au gouvernement.

Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)

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