Almería dépasse les 4 400 hectares de serres écologiques dans l’essor andalou de la production bio.

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Almería dépasse les 4 400 hectares de serres écologiques dans l'essor andalou de la production bio.

La province d’Almería franchit un cap historique dans la production agricole biologique. Avec plus de 4 400 hectares de serres certifiées écologiques, elle s’impose comme l’un des territoires pionniers d’Europe dans la transition vers une agriculture durable et résiliente, portée par une demande internationale croissante et des politiques régionales ambitieuses.

Un territoire en pleine mutation agricole

La plaine de Poniente, surnommée la « mer de plastique » en raison de ses milliers de serres visibles depuis l’espace, est en train de changer de visage. Ce qui était autrefois le symbole d’une agriculture intensive et peu respectueuse de l’environnement devient progressivement un modèle de référence pour la production biologique européenne.

Selon A en Verde / Almería Información, la province d’Almería compte désormais plus de 4 400 hectares de serres dédiées à l’agriculture écologique certifiée, un chiffre en hausse constante depuis plusieurs années. Cette progression s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche l’ensemble de la communauté autonome d’Andalousie, où la surface agricole en mode biologique a augmenté de plus de 12 % en deux ans.

Cette dynamique est portée par plusieurs facteurs conjoints. D’abord, une demande européenne en forte croissance pour les produits bio, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, qui absorbent une grande partie des exportations andalouses. Ensuite, des aides publiques substantielles issues du Plan stratégique de la PAC 2023-2027, qui encourage les agriculteurs à convertir leurs exploitations vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Les coopératives agricoles locales jouent également un rôle central dans cette transformation. Plusieurs d’entre elles ont investi dans des infrastructures de certification, de traçabilité et de conditionnement spécifiques au bio, permettant à des petits producteurs de rejoindre des filières d’exportation autrefois inaccessibles.

« Almería démontre qu’une agriculture intensive peut se réinventer. La conversion au bio n’est plus une contrainte, c’est une opportunité économique réelle pour nos producteurs. » Représentant de la Consejería de Agricultura de la Junta de Andalucía

Des chiffres qui témoignent d’une résilience agricole profonde

Les données disponibles pour 2025 et début 2026 confirment l’ampleur du phénomène. L’Andalousie est aujourd’hui la première région productrice de fruits et légumes biologiques d’Espagne, avec plus de 1,1 million d’hectares certifiés bio au total, toutes cultures confondues. L’Espagne elle-même est le premier pays producteur de l’Union européenne en agriculture biologique, devant la France et l’Italie.

Dans ce contexte, Almería occupe une place stratégique. Ses serres permettent une production quasi continue tout au long de l’année, grâce à un ensoleillement exceptionnel de plus de 3 000 heures par an. Les tomates, poivrons, concombres et courgettes bio almérienses se retrouvent sur les étals des supermarchés de toute l’Europe.

Selon les données du Comité Andaluz de Agricultura Ecológica (CAAE), le nombre d’opérateurs certifiés bio dans la province a dépassé les 2 800 en 2025, contre moins de 2 000 en 2020. Une progression de plus de 40 % en cinq ans qui illustre l’attractivité croissante de ce modèle pour les agriculteurs locaux.

La valeur économique de ces productions est également en hausse. Les exportations de produits bio depuis Almería ont représenté plus de 680 millions d’euros en 2024, soit une augmentation de près de 18 % par rapport à l’année précédente. Ces chiffres font de la province l’un des moteurs économiques les plus dynamiques de l’Espagne rurale.

« La serre écologique d’Almería n’est plus une exception, c’est l’avenir de notre modèle productif. Nous avons prouvé que productivité et respect de l’environnement peuvent aller de pair. » Porte-parole de la coopérative Unica Group, Almería

Cette résilience agricole s’appuie aussi sur l’innovation technologique. De nombreuses exploitations ont recours à des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte optimisés, à la lutte biologique intégrée contre les ravageurs, et à des énergies renouvelables pour alimenter leurs installations. Ces pratiques permettent de réduire significativement l’empreinte carbone tout en maintenant des rendements compétitifs.

Les défis restent néanmoins importants. La conversion au bio implique des coûts initiaux élevés et une période de transition de deux à trois ans pendant laquelle les agriculteurs ne peuvent pas encore commercialiser leurs produits sous label biologique. Les problèmes liés à la gestion des plastiques agricoles usagés constituent également un enjeu environnemental majeur que la filière doit encore résoudre pleinement.

En conclusion, le franchissement du seuil des 4 400 hectares de serres écologiques à Almería est bien plus qu’un simple chiffre. Il traduit une transformation profonde et durable d’un territoire agricole qui réussit à conjuguer performance économique, adaptation au marché mondial et engagement environnemental. Cette trajectoire confirme le rôle central de l’Andalousie dans la stratégie européenne de transition vers une alimentation plus durable, et place Almería comme un modèle de résilience agricole à l’échelle du continent.


Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


 

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