Madrid se dote de ses premiers clubs privés de luxe. La capitale espagnole vient de grandir.

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En moins de deux ans, trois clubs privés ont ouvert leurs portes à Madrid : Forbes House en 2025, puis Club Metrópolis et Club Vega en 2026. Un phénomène inédit dans une ville qui jouait jusqu’ici dans une division inférieure à celle de Londres ou Paris. Pour leurs fondateurs, le signal est clair : Madrid est désormais prête pour ce modèle, et les élites internationales qui s’y sont installées en constituent la clientèle naturelle.

Madrid rattrape Londres et Paris avec trois clubs privés en dix-huit mois

Pendant des décennies, le monde des clubs privés à Madrid se divisait en deux catégories selon Andrés Rodríguez, fondateur et directeur de Forbes House : les clubs traditionnels comme le Nuevo Club, le Club Financiero Génova ou Puerta de Hierro, et le Club Matador, orienté vers un public créatif. En dehors de ces deux modèles, rien. Puis en 2025 est arrivé Forbes House, cinq étages plus rooftop et sous-sol dans le centre de Madrid. Et 2026 a vu l’ouverture quasi simultanée de Club Metrópolis, installé dans le deuxième bâtiment le plus photographié de Madrid selon ses promoteurs, et de Club Vega, dans le quartier de Salamanca. Trois clubs privés en dix-huit mois dans une ville qui n’en comptait aucun du même type, c’est le signe d’une transformation urbaine et sociale profonde.

« Madrid jugaba en una categoría inferior a la que le correspondía en Europa. Ha tenido la oportunidad de subir de golpe, de hacerse mayor de golpe. »

Forbes House, Club Metrópolis, Club Vega : trois projets, une même intuition

Chacun des trois projets porte une identité distincte. Forbes House se positionne comme un club du succès, pas un club de riches, selon son fondateur Andrés Rodríguez. Le comité d’admission y sélectionne les membres sur la base de leur trajectoire professionnelle et de leur réseau, pas uniquement de leur patrimoine. Club Metrópolis est l’initiative de Sandro Silva et Marta Seco, qui dirigent le Grupo Paraguas, l’une des plus grandes réussites de la restauration madrilène avec des implantations à Londres, Dubaï et Monaco. Niché sous la célèbre coupole de l’immeuble Metrópolis sur la Gran Vía, le club propose sept espaces gastronomiques différents, dont une terrasse sous la coupole, une « piscine à homards » et un hôtel boutique de luxe réservé aux membres et VIP. Les adhésions ont été épuisées avant même l’ouverture. Club Vega occupe un vaste espace sur la calle Lagasca, entouré de boutiques de luxe et de gestionnaires d’actifs, porté par Iñigo Onieva qui a importé le modèle londonien qu’il a découvert lors de ses études en Angleterre.

4 000 euros par an pour entrer. Et encore faut-il être accepté.

Le coût de l’adhésion annuelle tourne autour de 4 000 euros par an, hors consommations. Mais l’argent seul ne suffit pas. Dans les trois clubs, l’exclusivité repose davantage sur le filtre que sur le prix. Forbes House dispose d’un comité d’admission. Vega applique un processus de sélection. Metrópolis a clôturé ses inscriptions avant l’inauguration. Pour entrer, il faut être recommandé et accepté. Le profil cible est identique dans les trois établissements : entrepreneurs, artistes, sportifs, designers, politiques, exécutifs. Espagnols et étrangers. Jeunes et confirmés. « Nous ne voulons pas que ce soit un club d’affaires ni un club créatif. Nous voulons de la diversité », explique Iñigo Onieva, tout en précisant que cette diversité a ses limites économiques.

Pourquoi Madrid était prête en 2025 et pas avant

La réponse est structurelle. Madrid a accumulé en dix ans une série de transformations qui ont changé la nature de sa population aisée. Les hôtels de luxe se sont multipliés. Les grandes maisons de mode se sont disputé les locaux de la milla de oro. Les fonds d’investissement se sont installés Paseo de la Castellana. Les grandes écoles de commerce ont attiré des étudiants latino-américains dont les familles ont suivi. « Les macroéconomies du pays vont bien et l’argent appelle l’argent », résume Andrés Rodríguez. Cette nouvelle élite internationale, habituée aux clubs privés de Londres, New York ou Singapour, cherchait à Madrid ce qu’elle trouvait dans ces villes. Les trois clubs ont simplement répondu à une demande qui existait et n’était pas satisfaite.

Ce que ce phénomène dit du marché immobilier et de l’investissement à Madrid

Pour les investisseurs francophones qui suivent Madrid, l’émergence des clubs privés est un signal indirect mais révélateur. Une ville qui peut faire vivre trois clubs privés à 4 000 euros d’adhésion annuelle est une ville dont le tissu d’affaires international a atteint une masse critique. C’est la même logique qui explique que le prix moyen au mètre carré dans le quartier de Salamanca dépasse désormais les 7 000 euros, que Madrid figure parmi les cinq marchés de luxe les plus dynamiques au monde selon Savills, et que les enseignes internationales continuent d’y ouvrir leurs flagships. Madrid ne joue plus dans une division inférieure. Et ceux qui ont investi dans la ville avant cette transformation en mesurent aujourd’hui les bénéfices.

Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)

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