Locations touristiques en Cantabrie : la grande mise à niveau réglementaire qui secoue le secteur.

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Depuis juillet 2025, un nouveau décret redéfinit les règles du jeu pour les milliers de logements touristiques de Cantabrie. Certificat d’urbanisme obligatoire, accord de copropriété, détecteur de bruit : les nouvelles exigences sont nombreuses. Et derrière les débats entre hôteliers et propriétaires de meublés, c’est tout un modèle d’accueil qui se recompose. Ce que cela signifie concrètement si vous possédez ou envisagez d’acquérir un bien à mettre en location saisonnière.

Un secteur en pleine effervescence réglementaire

La Cantabrie a battu ses records touristiques en 2025, avec plus de 2 millions de visiteurs et 6 millions de nuitées enregistrées, dont plus de 430 000 touristes internationaux qui ont généré un gasto de 487 millions d’euros, selon les données officielles du gouvernement régional présentées lors du Foro Santander Turismo et relayées par Cantabria Económica. Dans ce contexte de croissance soutenue, la pression sur le marché du logement touristique n’a cessé de s’intensifier, poussant le gouvernement régional à une refonte réglementaire complète avec l’adoption du Décret 50/2025 du    24 juillet 2025, qui remplace intégralement le précédent décret de 2019 sur les viviendas de uso turístico.

Ce texte, entré en vigueur le 25 juillet 2025, introduit un ensemble de nouvelles exigences qui bouleversent les pratiques d’un secteur jusqu’ici peu contrôlé. Pour les propriétaires français qui louent ou envisagent de louer un bien en Cantabrie via Airbnb, Booking ou d’autres plateformes, il est essentiel de comprendre ce que cette réforme implique concrètement.

Ce que le nouveau décret exige : trois nouvelles obligations majeures

La principale nouveauté du Décret 50/2025 est l’obligation de produire un certificat de compatibilité urbanistique délivré par la mairie, qui atteste que l’usage touristique du logement est compatible avec le plan d’urbanisme de la commune. Cette disposition donne aux mairies un levier inédit pour limiter la densité de logements touristiques dans certains quartiers, notamment en imposant des restrictions aux étages supérieurs des résidences. Comme l’a résumé le consejero Martínez Abad lors de la présentation du texte.

« Sans certificat de compatibilité urbanistique, il n’y aura pas de logement de usage touristique. » Luis Martínez Abad, consejero de Turismo de Cantabrie, cité par Hosteltur — juillet 2025

Deuxième exigence nouvelle : l’accord préalable de la copropriété. Depuis le 3 avril 2025, tout logement faisant l’objet d’une première demande de licence touristique doit obtenir l’approbation expresse de l’assemblée des copropriétaires. Une condition qui ne s’applique pas aux logements déjà inscrits avant cette date, mais qui représente un changement de taille pour tout nouveau projet. La troisième nouveauté concerne les équipements de sécurité obligatoires : détecteur de fumée, système de surveillance du niveau sonore et trousse de premiers secours doivent désormais être présents dans chaque logement touristique. Par ailleurs, le numéro d’enregistrement doit figurer de manière visible sur toutes les plateformes de réservation et dans le contrat avec le locataire.

La polémique de mars 2026 : quand les hôteliers montent au créneau

Le délai d’adaptation accordé aux logements touristiques existants expirait le 25 mars 2026. Mais le gouvernement régional a publié une instruction administrative accordant une prolongation à tous les propriétaires ayant déposé une demande de certificat municipal avant cette date, même sans avoir reçu de réponse. Cette décision a provoqué une réaction immédiate et très ferme de la part de l’Asociación Empresarial de Hostelería de Cantabria, qui y a vu une injustice manifeste envers les établissements hôteliers soumis à des normes strictes. Selon Cantabria Económica, l’association a également dénoncé un “effet appel” avec une hausse soudaine des demandes d’inscription de nouveaux logements touristiques par des propriétaires qui, selon elle, “savent qu’ils ne pourront pas remplir les conditions requises.”

« L’objectif était clair : celui qui ne se conforme pas ne peut pas continuer. Et cette instruction fait exactement le contraire. On récompense celui qui ne respecte pas les règles et on punit celui qui a fait l’effort de s’y conformer. » Eduardo Lamadrid, président de l’AEHC, cité par Cantabria Económica — mars 2026

L’association a indiqué ne pas exclure d’engager des recours juridiques pour défendre les intérêts du secteur hôtelier face à cette concurrence jugée déloyale, et a déploré l’absence de dialogue préalable avec les représentants du secteur avant la publication de l’instruction modificatrice.

Ce que cela change pour les propriétaires et acquéreurs français en Cantabrie

Pour les résidents français qui possèdent un bien en Cantabrie et le louent saisonnièrement, ou qui envisagent d’en acquérir un à cette fin, les implications pratiques sont nombreuses. La vérification préalable de la compatibilité urbanistique auprès de la mairie concernée est désormais un préalable non négociable, avant même d’envisager l’achat d’un bien à vocation touristique. Les déclarations peuvent être effectuées via la plateforme officielle de la Sede Electrónica de Cantabria.

En parallèle, le gouvernement régional travaille à un nouveau décret de Hostelería pour actualiser les conditions d’ouverture des établissements hôteliers, dont la réglementation actuelle date de 2010. Un texte que la profession attend avec impatience pour moderniser des exigences jugées obsolètes, comme l’obligation pour un hôtel quatre étoiles de disposer d’un fax ou d’un bidet, selon des déclarations rapportées par El Diario Cantabria.

Sources et photo : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)

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