Le marché immobilier rural a enregistré 14 613 transactions en juin, selon les données de la statistique des transferts de droits de propriété (ETDP).
Les transactions immobilières rurales maintiennent leur rythme de croissance et dépassent à nouveau celles du marché du logement. En juin, 14 613 transactions ont été enregistrées, soit une hausse de 7,1 % par rapport au même mois de l’année précédente, selon les données provisoires de la statistique des transferts de droits de propriété (ETDP) de l’Institut national de la statistique (INE), reprises par Cocampo. La progression du marché foncier rural contraste avec l’évolution du marché immobilier résidentiel, dont les ventes ont augmenté de 1,6 % en glissement annuel en juin. Sur l’ensemble de l’année, les transactions immobilières rurales ont progressé de 2,7 %, tandis qu’en comparaison avec le mois de mai, on observe une baisse de 3,3 %, une évolution liée à l’ajustement saisonnier habituel.
Le marché rural connaît cette croissance dans un contexte particulièrement difficile pour l’activité agricole. Les conditions météorologiques du mois de juin ont une nouvelle fois mis en évidence la différence entre les exploitations de secano et celles d’irrigation, avec des effets bien plus marqués sur les cultures qui dépendent directement des précipitations.
L’eau devient un facteur déterminant
Le mois de juin a été le deuxième mois le plus chaud depuis 1961 et également le troisième plus sec depuis le début des relevés comparables. La température moyenne a atteint 23,3 degrés, soit 3,2 degrés au-dessus de la normale, tandis que les précipitations se sont élevées à 12,4 millimètres, soit à peine 39 % de la quantité habituelle, selon l’Agence nationale de météorologie (Aemet). Le manque d’eau a eu un impact évident sur le rendement des céréales. Selon l’Enquête sur les superficies et les rendements des cultures (Esyrce) du ministère de l’Agriculture, le rendement estimé des céréales de secane a chuté d’environ 25 % par rapport à 2025, avec des baisses comprises entre 25 % et 29 % pour l’orge, le blé, l’avoine et le seigle.
La situation était différente pour les cultures irriguées, qui ont connu des baisses plus modérées. Les principales céréales ont enregistré des baisses comprises entre 3 % et 9 %, tandis que le blé dur a même vu son rendement s’améliorer, une différence qui met en évidence l’importance de l’accès à l’eau dans un contexte de températures élevées et de faibles précipitations. Ce contraste s’observe bien que les réserves d’eau de la péninsule dépassaient, fin juin, 77 % de leur capacité et se situaient au-dessus du niveau enregistré un an auparavant. Pour le marché immobilier rural, la disponibilité de l’eau gagne ainsi en importance en tant que l’un des éléments susceptibles de déterminer les possibilités d’utilisation et la valeur d’un bien rural. À la pression climatique s’ajoute l’évolution des coûts de production. Les dernières données disponibles du ministère de l’Agriculture, correspondant au mois d’avril, font état d’une hausse de 26,7 % en glissement annuel du prix de l’énergie payé par les agriculteurs, les carburants ayant augmenté de près de 40 %, tandis que les engrais ont connu une hausse de 19,5 %.
Un marché caractérisé par une plus grande diversité d’acheteurs et d’utilisations
La croissance des transactions s’inscrit également dans un marché où le profil de l’acheteur et la destination des propriétés se sont diversifiés. Regino Coca, fondateur et PDG de Cocampo, explique que « l’acheteur averti ne se contente plus de demander combien d’hectares compte une propriété, mais ce qu’il est possible d’en faire : s’il y a de l’eau, ce qu’on peut y cultiver, quel revenu elle génère et s’il est possible d’y construire. Une part importante de la demande ne vise plus uniquement l’exploitation agricole ou l’élevage, mais aussi les propriétés de loisirs et les résidences secondaires »,
Une partie de la demande ne se concentre plus exclusivement sur les exploitations agricoles ou d’élevage. Les propriétés de loisirs et les résidences secondaires font également partie d’un marché qui accorde de plus en plus d’importance à l’utilisation réelle et potentielle des terrains.
Par communauté autonome, l’Andalousie a enregistré le plus grand nombre de transactions immobilières en juin, avec 2 276 opérations, suivie de la Communauté valencienne, avec 2 219, de Castille-et-León, avec 2 141, et de Castille-La Manche, avec 1 550. En glissement annuel, la Castille-et-León a enregistré la plus forte hausse parmi les communautés citées, avec 24,2 %, suivie des Îles Baléares, de La Rioja, de la région de Murcie, des Canaries et de la Galice. Les baisses les plus importantes ont été observées en Navarre, avec une chute de 28,1 %, en Cantabrie, avec 21,9 %, et dans la Communauté de Madrid, avec 13,2 %. Ces données montrent que l’évolution du marché n’est pas homogène et qu’il existe des différences significatives selon les territoires.
Les successions de biens ruraux continuent également de peser lourdement. En juin, elles ont atteint 15 873 transactions, soit 11,3 % de plus qu’un an auparavant, et ont de nouveau dépassé les ventes, tandis que les plus fortes hausses ont été enregistrées aux Canaries, aux Îles Baléares, en La Rioja et dans la Communauté valencienne.
