Les fourgonnettes électriques pourraient représenter 50 % des ventes en 2031 dans l’UE.

Les fourgonnettes électriques pourraient représenter 50 % des ventes en 2031 dans l'UE

Le marché européen des véhicules utilitaires légers électriques est en pleine mutation. Selon les dernières projections, les fourgonnettes électriques pourraient atteindre la moitié des ventes totales dans l’Union européenne dès 2031, portées par des réglementations de plus en plus strictes, une offre en forte expansion et une demande croissante de la part des entreprises de livraison et de logistique.

Une croissance portée par la réglementation et l’offre industrielle

Selon Transporte Profesional, les fourgonnettes électriques pourraient représenter jusqu’à 50 % des ventes de véhicules utilitaires légers dans l’Union européenne à l’horizon 2031, contre environ 8 % seulement en 2024. Cette progression spectaculaire s’explique par une conjonction de facteurs réglementaires, économiques et industriels qui transforment profondément ce segment de marché.

Du côté de la réglementation, l’Union européenne a imposé des objectifs de réduction des émissions de CO2 de plus en plus contraignants pour les constructeurs. Les normes Euro 7 et les objectifs climatiques fixés pour 2030 et 2035 obligent les fabricants à accélérer massivement leur transition vers l’électrique. Les constructeurs qui ne respectent pas ces quotas s’exposent à des amendes très lourdes, ce qui les incite à multiplier les modèles de fourgonnettes zéro émission.

Sur le plan industriel, l’offre s’est considérablement étoffée ces dernières années. Des acteurs historiques comme Stellantis, Volkswagen, Renault ou Ford ont lancé des versions entièrement électriques de leurs modèles phares, tandis que de nouveaux entrants, notamment chinois, commencent à pénétrer le marché européen avec des prix compétitifs. Cette diversification de l’offre est essentielle pour convaincre les flottes professionnelles de franchir le pas.

« La parité de coût total de possession entre les fourgonnettes électriques et thermiques pourrait être atteinte dans plusieurs segments dès 2026 ou 2027, ce qui changera radicalement les décisions d’achat des gestionnaires de flotte. » Analyse sectorielle, Transporte Profesional

La parité de coût total de possession (TCO) est en effet l’un des arguments les plus déterminants pour les entreprises. Si le prix d’achat d’une fourgonnette électrique reste encore supérieur à celui d’un équivalent thermique, les économies réalisées sur le carburant, l’entretien et les taxes permettent de compenser cet écart sur la durée du cycle de vie du véhicule. Selon certaines estimations sectorielles, cette parité pourrait être atteinte dans plusieurs segments dès 2026 ou 2027.

Des défis persistants pour accélérer l’adoption à grande échelle

Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs obstacles freinent encore la généralisation des fourgonnettes électriques dans les flottes professionnelles européennes. L’autonomie et l’infrastructure de recharge restent les principales préoccupations des opérateurs logistiques et des artisans qui utilisent ces véhicules au quotidien.

En 2024, la plupart des fourgonnettes électriques du marché affichent une autonomie comprise entre 200 et 350 kilomètres en conditions réelles, ce qui peut s’avérer insuffisant pour certains usages intensifs ou en milieu rural. Le développement des réseaux de recharge rapide, notamment en dehors des grands centres urbains, est encore insuffisant pour garantir une continuité d’exploitation sans contrainte.

Selon l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles (ACEA), le nombre de points de recharge publics pour véhicules lourds et utilitaires devra être multiplié par cinq d’ici à 2030 pour répondre à la demande anticipée. Cet effort d’infrastructure représente un investissement colossal qui devra être porté conjointement par les États membres, les opérateurs privés et les collectivités locales.

« Sans un déploiement massif et coordonné des infrastructures de recharge, les objectifs de vente de fourgonnettes électriques resteront hors de portée, quelle que soit la qualité des véhicules proposés. » ACEA, rapport annuel sur la mobilité durable

Par ailleurs, les aides publiques à l’achat jouent un rôle crucial dans la dynamique de transition. En Espagne, le programme MOVES III a permis d’accorder des subventions allant jusqu’à 7 000 euros pour l’achat d’un véhicule utilitaire électrique neuf, avec une bonification supplémentaire en cas de mise à la casse d’un ancien véhicule thermique. Ces dispositifs ont contribué à dynamiser les ventes, mais leur pérennité reste incertaine dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes.

Selon Transport and Environment, organisation spécialisée dans la mobilité durable, les pays qui maintiennent des incitations fiscales stables et prévisibles sur plusieurs années enregistrent des taux de pénétration électrique nettement supérieurs à la moyenne européenne. La stabilité des politiques publiques est donc un facteur clé pour atteindre l’objectif des 50 % en 2031.

La question de la formation des conducteurs et des mécaniciens constitue également un enjeu sous-estimé. Les véhicules électriques requièrent des compétences spécifiques en matière de gestion de la recharge, d’optimisation de l’autonomie et de maintenance des systèmes haute tension. Les centres de formation professionnelle devront adapter leurs programmes pour accompagner cette transformation du secteur.

En définitive, l’objectif de 50 % de fourgonnettes électriques dans les ventes européennes d’ici à 2031 est ambitieux mais réaliste, à condition que l’ensemble des acteurs, constructeurs, pouvoirs publics, opérateurs de recharge et entreprises utilisatrices, s’engagent de manière coordonnée et soutenue. La décennie qui s’ouvre sera décisive pour l’avenir de la mobilité professionnelle en Europe.

Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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