L’UPA-UCE tire la sonnette d’alarme sur les céréales de secano en Estrémadure.

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L'UPA-UCE tire la sonnette d'alarme sur les céréales de secano en Estrémadure.

En Estrémadure, la filière céréalière de secano traverse une période critique. Face à une combinaison de sécheresse persistante, de hausses de coûts et d’un manque de soutien institutionnel, l’organisation agricole UPA-UCE lance un avertissement sérieux sur l’avenir d’une culture qui structure depuis des siècles le paysage rural de la région.

Une campagne agricole sous haute tension

La saison 2025-2026 s’annonce particulièrement difficile pour les agriculteurs céréaliers d’Estrémadure. Selon Canal Extremadura, l’Union de Pequeños Agricultores et l’Unión de Campesinos de Extremadura (UPA-UCE) ont officiellement alerté les autorités régionales sur le grave risque que court le secteur céréalier de secano, c’est-à-dire la culture sans irrigation artificielle, entièrement dépendante des précipitations naturelles.

Les données météorologiques parlent d’elles-mêmes. Les précipitations enregistrées entre octobre 2025 et mai 2026 ont été inférieures de 35 à 40 % aux moyennes historiques dans plusieurs provinces estrémadoures, dont Badajoz et Cáceres. Cette situation climatique a considérablement fragilisé les cultures de blé, d’orge et d’avoine, qui représentent l’essentiel de la production de secano dans la région.

A cela s’ajoute une explosion des coûts de production. Le prix des engrais a bondi de plus de 20 % en un an, tandis que le coût du carburant agricole reste à des niveaux historiquement élevés. Pour de nombreuses exploitations familiales, les charges dépassent désormais les revenus prévisionnels, mettant en péril la viabilité économique de dizaines de milliers d’hectares cultivés.

« Si des mesures d’urgence ne sont pas prises rapidement, nous allons assister à un abandon massif des terres céréalières de secano, ce qui serait une catastrophe pour le tissu rural de l’Estrémadure. » Porte-parole de l’UPA-UCE, cité par Canal Extremadura

Les représentants de l’organisation estiment que jusqu’à 200 000 hectares de cultures pourraient être touchés de manière significative cette année, soit une proportion considérable de la surface agricole utile de la région. Les pertes de rendement sont estimées entre 50 et 70 % dans les zones les plus affectées par la sécheresse.

Des revendications claires pour protéger le monde agricole

Face à cette situation alarmante, l’UPA-UCE formule plusieurs demandes concrètes auprès de la Junta de Extremadura et du gouvernement central à Madrid. La première concerne la mise en place d’aides d’urgence directes pour compenser les pertes de récolte, à l’image des dispositifs déjà activés dans d’autres régions espagnoles confrontées à des conditions climatiques similaires.

Selon le ministère espagnol de l’Agriculture, la superficie nationale consacrée aux céréales de secano dépasse les 6 millions d’hectares, dont une part significative se concentre en Estrémadure, en Castille-La Manche et en Andalousie. Ces régions sont aussi celles qui subissent le plus durement les effets du changement climatique, avec une progression notable de la désertification et une réduction des nappes phréatiques.

L’organisation agricole réclame également une révision des critères d’accès aux assurances agricoles subventionnées, jugées trop restrictives pour de nombreux petits exploitants. Elle demande par ailleurs l’activation des fonds européens de résilience agricole, disponibles dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC) mais dont le déblocage reste soumis à des procédures administratives longues et complexes.

« Le secano n’est pas seulement une méthode de culture, c’est un modèle de vie, une identité territoriale. Le laisser disparaître, c’est accepter la désertification humaine de nos campagnes. » Déclaration de l’UPA-UCE, campagne de sensibilisation 2026

Au-delà des mesures financières immédiates, l’UPA-UCE plaide pour une stratégie à long terme d’adaptation climatique. Cela inclut le soutien à la recherche de variétés céréalières plus résistantes à la sécheresse, le développement de pratiques agroécologiques et l’accompagnement des agriculteurs dans la transition vers des modèles de production plus durables.

Selon le syndicat agricole COAG, les pertes globales du secteur céréalier espagnol pour la campagne en cours pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d’euros si des mesures correctives ne sont pas adoptées rapidement. Un chiffre qui illustre l’ampleur systémique d’une crise qui dépasse les frontières de l’Estrémadure.

La situation en Estrémadure s’inscrit dans un contexte européen plus large de réflexion sur la résilience des systèmes agricoles face au dérèglement climatique. Les institutions de Bruxelles ont d’ailleurs récemment renforcé les dispositifs d’aide aux régions agricoles vulnérables dans le cadre de la révision de la PAC pour la période 2023-2027.

L’avenir du cereal de secano en Estrémadure dépendra en grande partie de la rapidité et de l’ampleur des réponses politiques apportées dans les prochaines semaines. Sans intervention significative, c’est tout un modèle agricole ancestral, garant de l’équilibre écologique et social des territoires ruraux, qui risque de s’effacer progressivement du paysage estrémadourin.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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