L’Espagne est la première plateforme mondiale pour les investissements en Amérique latine. C’est la conclusion d’un rapport présenté ce lundi 26 octobre à Madrid par le Conseil d’entreprises Alianza por Iberoamérica (Ceapi) et l’Université Complutense de Madrid. Des groupes du monde entier passent par une filiale espagnole avant d’investir dans la région.
Investissements en Amérique latine : ce que dit le rapport
L’étude s’intitule « L’usage des trampolines dans l’investissement étranger du monde vers l’Amérique latine : le rôle de l’Espagne ». Un « trampolín » (tremplin) est un pays intermédiaire. Un groupe y installe une filiale, qui investit ensuite dans un troisième pays. Les chercheurs ont analysé plus de 54 millions de données pour retrouver l’investisseur final derrière chaque chaîne de propriété.
Le résultat est net. L’Espagne arrive en tête, avec 14,4 % des tremplins directs et 16,7 % des tremplins immédiats. Un tremplin direct signifie que le groupe ouvre sa première filiale en Espagne. Un tremplin immédiat signifie que l’Espagne est le dernier maillon d’une chaîne de filiales. Derrière elle viennent les Pays-Bas, les États-Unis et le Royaume-Uni.
Au total, 744 groupes étrangers utilisent l’Espagne comme plateforme. Ils contrôlent 1 081 filiales en Amérique latine. L’Espagne est le principal tremplin direct dans 11 des 19 pays latino-américains étudiés. Elle compte aussi environ 7 300 filiales dans la région, seulement derrière les États-Unis.
D’où viennent les investisseurs ?
Les États-Unis dominent, avec 125 groupes, soit 16,8 %. La France arrive ensuite, avec 82 groupes, soit 11 %. Au total, les groupes européens représentent près de 60 % des investisseurs qui passent par l’Espagne. Les groupes français contrôlent 147 filiales en Espagne et 133 en Amérique latine.
La finance est le premier secteur, avec 26,5 % des groupes. Elle devance l’industrie, avec 15,6 %.
Investissements en Amérique latine : où va l’argent ?
Les investissements passant par l’Espagne se concentrent sur quatre pays. Le Mexique reçoit 25,5 % des filiales, le Brésil 19,2 %, la Colombie 18,8 % et le Chili 17,3 %. À eux quatre, ils pèsent plus de 80 % du total.
Investissements en Amérique latine : pourquoi passer par l’Espagne
La présidente de Ceapi, Núria Vilanova, résume : « le monde choisit l’Espagne comme grand allié pour l’internationalisation en Amérique latine ». Elle cite plusieurs raisons :
la langue et la proximité culturelle ;
les conventions fiscales contre la double imposition ;
des taux d’intérêt européens plus bas qu’ailleurs ;
le cadre juridique de l’Union européenne.
Les grandes banques espagnoles, comme Santander et BBVA, sont aussi très implantées dans la région. Leur présence facilite le financement et les opérations sur place.
Investissements en Amérique latine : ce que cela change pour les entreprises françaises
La France est le deuxième pays d’origine des groupes qui utilisent ce tremplin. Pour une entreprise française qui vise l’Amérique latine, l’Espagne est donc déjà un chemin connu.
Concrètement, une filiale ou une holding en Espagne peut servir de base régionale. Elle profite de la langue, du droit européen et des liens avec les marchés latino-américains. Mais le montage dépend de chaque dossier : fiscalité, financement, secteur. Il doit être étudié avec un conseil fiscal et juridique.
Le rapport voit une évolution possible. Les filiales espagnoles pourraient passer d’un rôle de soutien opérationnel à celui de pôles stratégiques, avec de l’influence sur les décisions mondiales du groupe. Pour comprendre l’autre sens du flux, lisez aussi notre article « Pourquoi les Latino-Américains achètent Madrid ».
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
