La crise de Tulum s’aggrave : entre janvier et juillet 2026, l’aéroport a perdu un tiers de ses passagers et l’occupation hôtelière est tombée à 64 %. Ce village du Caire mexicain, symbole du tourisme chic, divise le Mexique. Voici ce que montrent les chiffres, ce que critiquent les habitants et ce que répond le gouvernement.
Crise de Tulum : ce que disent les chiffres
| Indicateur (janvier-juillet 2026) | 2026 | 2025 |
|---|---|---|
| Occupation hôtelière à Tulum | 63,69 % | 72,67 % |
| Occupation hôtelière dans le Quintana Roo | 71,54 % | 75,10 % |
| Touristes à Tulum | 879 229 | 961 562 |
| Passagers de l’aéroport de Tulum | ~529 000 | −33 % sur un an |
Ces données viennent du système d’information touristique du Quintana Roo (SITUR-Q), relayé par Travel and Tour World et Sopitas. Le recul de Tulum atteint 8,99 points, contre 2,33 points à Cancún. La dernière semaine de septembre, l’occupation tombait à 42,1 % à Tulum, 43,6 % dans la Riviera Maya et 52,8 % à Cancún, selon SITUR. Les visites de la zone archéologique ont reculé d’un tiers début 2026, selon Yucatán.com.
Les écarts sont forts selon le type d’hôtel. Dans la zone côtière, des hôteliers ont rapporté une occupation inférieure à 20 % en septembre, selon Infobae. Ce chiffre ne couvre pas tout le municipio.
Pourquoi les touristes boudent Tulum
Plusieurs causes s’additionnent, selon les médias mexicains et les experts.
- Les prix et les abus commerciaux. Les touristes dénoncent des restaurants chers, des taxis abusifs et des plages difficiles d’accès, selon Yucatán.com.
- Les sargasses. L’afflux dure presque toute l’année. Il doublait par rapport à 2025 en juin, selon Vanguardia, et durait encore mi-octobre, selon Milenio.
- Les vols. Aeroméxico a suspendu temporairement sa liaison Tulum-Mexico. La présidente Claudia Sheinbaum attribue la baisse des vols au prix du kérosène, lié à la guerre en Iran, selon Infobae.
- L’insécurité et l’extorsion. Trafic de drogue au détail, rivalités entre le cartel de Sinaloa et des groupes locaux et violences dans des bars et hôtels ont terni l’image du lieu, selon Reforma.
- Le Parc du Jaguar. Cet espace naturel contrôlé par une entreprise militaire a suscité la colère pour ses tarifs et ses restrictions d’accès, selon Yucatán.com.
- L’offre. Les ventes de biens immobiliers se multiplient et pèsent sur les prix, selon Yucatán.com.
Francisco Madrid, d’un centre de recherche touristique, reconnaît un problème de réputation lié à la violence. Il met pourtant en garde contre l’idée d’attribuer toute la chute à un seul facteur, selon MVS Noticias.
Sécurité : des chiffres officiels en baisse, des plaintes persistantes
Le gouvernement fédéral publie des chiffres en forte baisse. La moyenne quotidienne d’homicides au Quintana Roo est passée de 2 en septembre 2024 à 0,3 en juin 2026, soit −85 %. Le premier semestre 2026 recule de 60 % sur un an. Tulum n’a signalé aucun homicide en mai, juin et au début de juillet, selon le secrétariat exécutif du système national de sécurité (SESNSP).
Cependant, les homicides ne mesurent pas l’extorsion. Milenio rapporte le 13 octobre des extorsions imputées à des autorités municipales et à des policiers. Un narco-message adressé à la présidente et au procureur local a circulé en juillet 2025. Le chef de la sécurité de Tulum a été tué en mars 2025, selon Yucatán.com. La mairie est dirigée par Diego Castañón Trejo, de l’alliance PVEM-Morena, selon Reforma.
Les États-Unis classent le Quintana Roo au niveau 2, « faire preuve d’une prudence accrue », sans changement depuis août 2025.
La réponse du gouvernement : le plan « Tulum Renace »
Claudia Sheinbaum a présenté le plan le 17 juillet 2026, depuis Tulum. Il comprend notamment :
- l’entrée gratuite au Parc du Jaguar pour les visiteurs nationaux ;
- des tarifs réduits pour la zone archéologique : 80 pesos pour les Mexicains et 265 pour les étrangers ;
- dix accès publics et gratuits aux plages ;
- un transport électrique interne à 20 pesos ;
- des mesures pour attirer de nouvelles liaisons aériennes ;
- une sécurité touristique avec la Garde nationale ;
- le programme de contrôle des prix « Quién es Quién en los Precios ».
Sheinbaum a reconnu que le Parc du Jaguar avait « deux ou trois problèmes » : les artisans refusent de s’y installer à cause de la distance, le transport coûte cher et un mur bloque l’accès direct, selon La Jornada.
Un débat politique
Les critiques viennent de nombreux habitants, d’hôteliers et de l’opposition. Ils reprochent aux autorités municipales, de l’État et fédérales leur inaction face à l’extorsion et aux abus. Le gouvernement fédéral met en avant la baisse des homicides et les facteurs extérieurs. Les chiffres confirment une crise réelle, aux causes multiples. Ils ne permettent toutefois pas de l’attribuer à un seul responsable.
Ce que cela change pour les voyageurs et les investisseurs
Si vous préparez un séjour, vérifiez les vols et l’état des plages avant de réserver. Pour les investisseurs, la hausse des biens à la revente pèse sur les prix, selon Yucatán.com. Les grandes chaînes hôtelières espagnoles (Riu, Iberostar, Meliá, Barceló, Palladium) pèsent lourd dans la Riviera Maya. Selon Capital Madrid, elles s’inquiètent en privé de leur taux d’occupation, sans chiffres publics. Consultez un professionnel avant tout investissement.
Questions fréquentes
Tulum est-il dangereux ?
Les chiffres officiels montrent peu d’homicides en 2026. Des plaintes d’extorsion et d’insécurité persistent toutefois, selon la presse locale.
Pourquoi Tulum perd-il des touristes ?
À cause des prix, des sargasses, des vols en baisse, de l’insécurité et de l’image du lieu. Aucune cause ne l’explique seule.
Les plages de Tulum sont-elles gratuites ?
Le gouvernement assure que les plages historiques sont gratuites. Seul le transport interne du parc coûte 20 pesos, selon Sheinbaum.
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
