a loi espagnole sur l’intelligence artificielle tombe avec la dissolution des Cortes. Pendant ce temps, les entreprises poursuivent leur déploiement : Orange España annonce plus de 1 000 agents d’IA avec Google Cloud. L’intelligence artificielle en Espagne avance donc sur deux rythmes.
Intelligence artificielle en Espagne : le projet de loi tombe
Pedro Sánchez a annoncé la dissolution des Cortes le 5 octobre, avec des élections le 29 novembre. Tous les textes non adoptés tombent alors. Le projet de loi organique pour le bon usage et la gouvernance de l’intelligence artificielle en fait partie, selon Mobile World Live.
Déposé au Congrès en mai, ce texte devait appliquer en Espagne le règlement européen sur l’IA. Il définissait la supervision nationale et le régime de sanctions, selon La Voz de Ibiza. La prochaine législature devra donc reprendre la procédure à zéro.
Un second texte tombe aussi : la réforme de la loi sur le droit à l’image, qui encadrait les deepfakes, c’est-à-dire les images créées par IA sans autorisation, selon Forbes España. D’après Moncloa.com, ces textes devront repasser par les rapports, les avis, le rapport de commission et le vote.
Ce qui continue malgré la dissolution
Un décret royal ne tombe pas avec les Cortes. C’est le cas du texte sur les centres de données, que le Plan IA360 prévoyait d’adopter en octobre. Cependant, s’il n’atteint pas le Conseil des ministres avant le 29 novembre, le prochain gouvernement devra l’adopter, selon Mobile World Live.
La candidature espagnole à l’une des gigafactories d’IA européennes n’est pas touchée non plus. Elle ne dépend d’aucune loi, selon la même source. Par ailleurs, le règlement européen s’applique directement en Espagne, avec ses propres échéances.
L’AESIA, l’agence espagnole de supervision de l’IA, n’avait encore publié aucun dossier de sanction lors de la présentation du Plan IA360, selon The Next Web, cité par Ecosistema Startup.
Orange España : plus de 1 000 agents d’IA avec Google Cloud
Orange España et Google Cloud ont annoncé le 8 octobre l’extension de leur alliance. L’opérateur est passé de projets pilotes isolés à une « AI Factory », une usine d’IA pour toute l’entreprise. Il a déployé plus de 1 000 agents d’IA personnalisés avec Gemini Enterprise.
Ces agents classent les incidents, analysent les causes des pannes de réseau, facilitent l’accès aux connaissances internes et traitent des demandes. Ils aident aussi les équipes de service client à résoudre les demandes plus vite. Les salariés des ressources humaines, de l’informatique, du commercial et du support créent eux-mêmes des agents.
L’outil repose sur un environnement low-code, qui demande peu de programmation. Il abaisse donc la barrière d’entrée pour les profils non techniques. Selon Orange, près de 100 % des licences ont été activées en 30 jours. Son directeur technique, Miguel Santos, affirme que l’entreprise « simplifie la complexité opérationnelle et donne plus d’agilité à ses métiers ».
Deux rythmes pour une même technologie
Orange illustre l’adoption rapide dans les grands groupes. Selon l’INE, cité par le Plan IA360, 21,1 % des entreprises de dix salariés ou plus utilisaient l’IA au premier trimestre 2025. Le plan vise 55 % en 2030. L’écart reste donc grand entre les grandes entreprises et le reste du tissu économique.
Côté loi, les entreprises devront attendre la prochaine législature pour connaître le régime national de contrôle et de sanctions. En attendant, elles suivent le règlement européen. Consultez un professionnel (avocat spécialisé) pour votre situation.
Sources et photos : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
