La Banque Centrale de la République Argentine (BCRA) a approuvé le rachat par Revolut du Banco Cetelem, la petite entité détenue par BNP Paribas Personal Finance que la fintech britannique avait accepté d’acquérir en juillet 2025. La banque sera rebaptisée Revolut Bank Argentina. Mais attention : ce n’est pas un lancement, c’est la première étape d’un processus réglementaire qui pourrait s’étendre jusqu’en 2027.
Une approbation, pas un lancement
Le plus grand néobanque européen franchit une étape symbolique, mais il reste encore plusieurs jalons avant l’ouverture au public. Selon La Nación et Bloomberg Línea, le BCRA a donné son aval formel à l’acquisition du Banco Cetelem Argentina S.A., propriété du groupe BNP Paribas, une opération annoncée dès juillet 2025. Une fois la transaction finalisée, l’entité changera de dénomination pour devenir Revolut Bank Argentina S.A.U. et opérera comme une institution bancaire régulée, mais sans offrir dans un premier temps de produits ou services au grand public.
« Esta aprobación es un gran hito para el lanzamiento de Revolut. Lo que resta ahora es finalizar la adquisición. Una vez que se realice eso, continuaremos trabajando, obviamente, bajo la regulación del BCRA. » Agustín Danza, CEO de Revolut en Argentina, La Nación, 24 septembre 2026
Le montant de l’opération n’a pas été divulgué, et l’acquisition ne comprend pas la base de clients historique du Banco Cetelem, Revolut rachète la licence bancaire et les actifs de l’entité, pas son portefeuille commercial. Il s’agit par ailleurs de la première fois que Revolut opte pour le rachat d’une banque existante plutôt que pour une demande de licence bancaire classique auprès du régulateur, une stratégie manifestement dictée par des considérations de rapidité et de coût.
Ce qu’il reste à faire avant l’ouverture au public
Contrairement à ce qu’une lecture rapide pourrait laisser croire, cette approbation ne marque pas l’entrée en service de Revolut sur le marché argentin. Selon les précisions apportées par l’entreprise elle-même, plusieurs étapes restent à accomplir : finaliser l’acquisition, procéder au changement de dénomination, constituer un conseil d’administration et satisfaire le régulateur sur les systèmes opérationnels et les exigences de capital.
Agustín Danza sera désigné PDG de Revolut Bank Argentina une fois l’opération clôturée, une nomination elle-même soumise à une approbation supplémentaire du BCRA. Danza a auparavant dirigé les opérations de Nubank en Argentine et au Brésil, et piloté les activités bancaires et de paiement chez Mercado Pago. L’entreprise a également constitué un conseil d’administration local, présidé par Juan Marotta, ancien PDG de HSBC Argentina.
Selon El Cronista, les premiers produits ne devraient arriver qu’en 2027. Le communiqué officiel de Revolut, plus prudent, ne parle pour l’instant que d’un « futuro lanzamiento », sans donner de date précise.
Un marché déjà disputé, une offre bancaire complète visée
Le Banco Cetelem figure parmi les 73 banques recensées en Argentine, avec environ 6,4 millions de dollars d’actifs, une taille modeste qui illustre bien que Revolut achète avant tout une licence et une structure réglementaire, pas un fonds de commerce. Cette approbation intervient dans un contexte de dynamisme réglementaire notable du système financier argentin : fin juin, le BCRA avait déjà validé le rachat de la Banco Voii par Cocos, entreprise financière fondée par Nicolás Mindlin et Ariel Sbdar, pour 20 millions de dollars.
Juan Curutchet, l’un des directeurs du BCRA et ancien président du Banco Provincia, a confirmé que Revolut et Mercado Pago devraient toutes deux disposer de leur licence bancaire avant la fin de l’année 2026. Mercado Pago, fort d’environ 25 millions d’utilisateurs en Argentine, a cependant choisi une voie différente : une demande de licence directement déposée auprès du BCRA, sans passer par le rachat d’une entité préexistante.
Selon Danza, Revolut ambitionne de proposer, dès le premier jour d’ouverture au public, une offre bancaire complète : épargne, paiements, crédit, investissements et assurance, en versions gratuite et payante. Plus de 150 000 personnes figurent déjà sur liste d’attente en Argentine, un signal de demande significatif pour un marché où la fintech britannique n’a pas encore proposé le moindre service commercial.
L’arrivée de Revolut en Argentine, qui s’ajoute à une opération récente au Mexique et à des demandes en cours dans d’autres pays d’Amérique latine et du monde, confirme une stratégie d’expansion résolument agressive sur les marchés émergents, un mouvement que les investisseurs et expatriés francophones suivant de près l’écosystème fintech latino-américain auront tout intérêt à surveiller dans les mois à venir.
Sources et photo : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
