12 données accablantes qui alertent sur la perte de compétitivité en Castille-et-León.

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Observatoire agroalimentaire 2025 : 12 données accablantes qui alertent sur la perte de compétitivité en Castille-et-León.

La Castille-et-León, grenier historique de l’Espagne, traverse une crise profonde. Le dernier rapport de l’Observatoire agroalimentaire 2025 dresse un bilan sombre de la situation agricole dans cette région, révélant des fragilités structurelles qui menacent l’avenir de tout un secteur. Voici les principaux enseignements d’une étude qui ne laisse place à aucune ambiguïté.

Un secteur sous pression : les chiffres qui font froid dans le dos

Selon Agronews Castilla y León, l’Observatoire agroalimentaire 2025 identifie pas moins de 12 indicateurs critiques qui signalent une dégradation continue de la compétitivité agricole en Castille-et-León. Parmi les plus préoccupants : la valeur ajoutée brute du secteur agricole régional a reculé de 8,3 % en deux ans, tandis que les coûts de production ont augmenté de près de 22 % sur la même période.

Le nombre d’exploitations actives dans la région a chuté de façon significative. On dénombre aujourd’hui environ 85 000 exploitations, contre plus de 100 000 au début de la décennie. Cette contraction reflète un phénomène de concentration foncière accélérée, où les petites structures familiales peinent à survivre face à la concurrence des grandes exploitations industrialisées.

L’âge moyen des agriculteurs actifs dépasse désormais 58 ans, un seuil critique qui illustre le défi du renouvellement générationnel. Moins de 12 % des chefs d’exploitation ont moins de 40 ans, ce qui pose une question existentielle pour la transmission du savoir-faire agricole local.

« La Castille-et-León représente 20 % de la surface agricole utile de l’Espagne, mais sa contribution à la valeur ajoutée nationale du secteur ne cesse de s’éroder. » Observatoire agroalimentaire 2025, rapport régional

Selon l’Institut national de statistique espagnol, la rémunération moyenne d’un agriculteur en Castille-et-León reste inférieure de 34 % à la moyenne nationale tous secteurs confondus. Cette disparité salariale constitue l’un des facteurs principaux de la désaffection des jeunes pour les métiers agricoles dans la région.

Les exportations agroalimentaires régionales, pourtant en hausse en volume, voient leur valeur unitaire stagner. La région exporte davantage de céréales, de légumineuses et de produits d’élevage, mais à des prix qui ne compensent pas la hausse des intrants, notamment les engrais, l’énergie et les semences certifiées.

Des défis structurels qui freinent la transition agricole

Au-delà des chiffres immédiats, l’Observatoire agroalimentaire 2025 pointe des obstacles structurels profonds. La faiblesse de l’investissement en recherche et développement agricole dans la région est particulièrement notable : la Castille-et-León consacre moins de 0,4 % de son budget régional à l’innovation agroalimentaire, bien en dessous de la moyenne des régions agricoles européennes comparables.

Le manque d’infrastructures logistiques modernes constitue également un frein majeur. Selon la Confédération d’organisations d’agriculteurs et d’éleveurs, les coûts de transport depuis les zones rurales de Castille-et-León vers les grands centres de distribution représentent en moyenne 15 à 18 % du prix final du produit, une proportion jugée insoutenable par de nombreux producteurs.

Le changement climatique amplifie ces difficultés. La région a enregistré en 2024 une sécheresse estivale parmi les plus sévères des trente dernières années, avec un déficit pluviométrique de 40 % par rapport à la normale saisonnière. Les pertes de récoltes ont été estimées à plusieurs centaines de millions d’euros, affectant en priorité les cultures de céréales d’été et les vignobles.

« Sans une politique d’irrigation renforcée et une adaptation variétale aux nouvelles conditions climatiques, une partie significative des terres cultivées aujourd’hui deviendra non rentable d’ici 2035. » Observatoire agroalimentaire 2025, analyse prospective

La digitalisation du secteur progresse, mais trop lentement. Seuls 28 % des exploitations de la région utilisent des outils numériques de gestion ou de précision agricole, contre 47 % en moyenne dans les régions agricoles les plus dynamiques d’Europe. Ce retard technologique pèse directement sur la productivité et la traçabilité des produits, des critères de plus en plus exigés par les marchés européens.

Selon le ministère espagnol de l’Agriculture, les aides de la Politique agricole commune représentent encore jusqu’à 60 % du revenu de certaines exploitations en Castille-et-León. Cette dépendance aux subventions publiques, bien que compréhensible dans le contexte actuel, fragilise la résilience économique du secteur face aux futures réformes budgétaires européennes.

Face à ces constats, les professionnels du secteur appellent à un plan d’urgence régional combinant soutien à l’installation des jeunes agriculteurs, investissements dans les infrastructures hydrauliques et accélération de la transformation numérique des exploitations. La Castille-et-León dispose d’atouts indéniables : une surface agricole immense, une biodiversité cultivée remarquable et un savoir-faire ancestral. Mais sans réformes profondes et rapides, ces avantages risquent de ne pas suffire à enrayer le déclin. L’Observatoire agroalimentaire 2025 doit servir de signal d’alarme pour que la région engage dès maintenant les transformations nécessaires à sa survie économique et à la sécurité alimentaire de l’Espagne tout entière.

Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


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