Les Asturies prennent leur envol pendant que Saint-Jacques-de-Compostelle perd de l’altitude.

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Les Asturies prennent leur envol pendant que Saint-Jacques-de-Compostelle perd de l'altitude.

Alors que l’aéroport de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse une période de turbulences avec la perte de plusieurs liaisons stratégiques, l’aéroport des Asturies affiche une dynamique inverse et surprenante. Nouvelles routes, fréquentation en hausse et ambitions régionales affirmées : la région du nord de l’Espagne s’impose progressivement comme une alternative sérieuse dans le paysage aérien ibérique.

Un aéroport régional en pleine expansion

L’aéroport des Asturies, situé à Santiago del Monte, à une vingtaine de kilomètres d’Oviedo, connaît une trajectoire de croissance remarquable. Selon El Comercio, la plateforme aéroportuaire a enregistré une augmentation significative de son trafic passagers au cours des derniers mois, portée par l’arrivée de nouvelles compagnies et l’ouverture de connexions inédites vers des destinations européennes.

Parmi les nouvelles liaisons annoncées, on compte des vols directs vers des villes comme Amsterdam, Bruxelles et plusieurs capitales d’Europe centrale, des destinations jusqu’alors inaccessibles depuis la région sans escale. Ces ouvertures répondent à une demande croissante de la part des voyageurs d’affaires et des touristes, attirés par le charme naturel et culturel des Asturies.

Le nombre de passagers traités par l’aéroport a progressé d’environ 12 % sur un an, selon les données publiées par AENA, le gestionnaire des aéroports espagnols. Ce chiffre, bien que modeste en valeur absolue par rapport aux grandes plateformes nationales comme Madrid-Barajas ou Barcelone-El Prat, représente une performance notable pour un aéroport régional.

« L’aéroport des Asturies devient un véritable levier de développement économique pour toute la région, en facilitant les échanges commerciaux et en stimulant le tourisme entrant. » El Comercio, analyse de la dynamique aéroportuaire régionale

Les autorités locales se montrent particulièrement optimistes. Le gouvernement régional des Asturies a annoncé son intention de soutenir activement le développement de la plateforme, notamment en facilitant les négociations avec les compagnies low-cost souhaitant s’installer sur le territoire. Des discussions seraient en cours avec plusieurs opérateurs européens pour des ouvertures de lignes prévues d’ici la fin de l’année 2026.

Saint-Jacques-de-Compostelle face au recul de ses connexions

Pendant ce temps, l’aéroport de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice voisine, traverse une phase plus difficile. Plusieurs compagnies aériennes ont annoncé la suspension ou la réduction de leurs fréquences sur des lignes européennes importantes, invoquant une rentabilité insuffisante et une concurrence accrue des aéroports alternatifs de la région.

Selon les données d’AENA, le trafic de l’aéroport galicien a reculé de près de 8 % sur les douze derniers mois, un chiffre préoccupant pour une plateforme qui avait pourtant bénéficié d’un fort regain d’activité dans le sillage de la reprise post-pandémique. La perte de liaisons directes vers Londres, Dublin et plusieurs villes allemandes constitue un revers notable pour l’économie locale, très dépendante du tourisme religieux et culturel lié au pèlerinage de Saint-Jacques.

Les professionnels du secteur hôtelier et touristique de la région expriment leur inquiétude face à cette évolution. Selon plusieurs représentants du secteur interrogés par la presse régionale, la réduction de l’offre aérienne risque de pénaliser l’attractivité de la destination, en particulier auprès des visiteurs internationaux qui représentent une part croissante de la clientèle.

« Perdre des connexions directes avec les grandes capitales européennes, c’est perdre des touristes qui ne feront pas le détour par Madrid ou Barcelone pour nous rejoindre. » Représentants du secteur hôtelier galicien, cités par la presse régionale espagnole

Ce contraste entre les deux régions voisines illustre une réalité plus large du transport aérien en Espagne : la concurrence entre aéroports régionaux est de plus en plus vive, et les plateformes qui parviennent à séduire les compagnies low-cost et à diversifier leur offre prennent un avantage décisif sur leurs voisines.

Les Asturies semblent avoir compris cette logique en misant sur une politique d’attractivité tarifaire et sur la mise en avant de leurs atouts touristiques, notamment les paysages de la côte cantabrique, la gastronomie locale et le patrimoine naturel du Parc national des Picos de Europa, qui attire chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

Dans ce contexte, les professionnels de l’hôtellerie asturienne voient dans le développement aéroportuaire un levier direct pour leur activité. Une hausse du trafic aérien se traduit mécaniquement par une augmentation du nombre de nuitées et une diversification de la clientèle, avec notamment une proportion croissante de voyageurs étrangers.

La dynamique engagée par les Asturies pourrait ainsi inspirer d’autres régions espagnoles cherchant à renforcer leur connectivité internationale sans dépendre exclusivement des grands hubs nationaux. Le pari semble en tout cas bien engagé pour cette région du nord qui, longtemps restée en marge des grandes routes touristiques, entend désormais jouer dans la cour des destinations incontournables de la péninsule ibérique.

Sources et photo : Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)


 

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