Une étude menée par des cardiologues espagnols place la pollution atmosphérique au deuxième rang des facteurs de risque de mortalité dans le monde. Un constat alarmant qui interpelle les autorités sanitaires et environnementales, notamment dans des régions comme les Îles Canaries, confrontées à des épisodes récurrents de mauvaise qualité de l’air.
Un danger invisible aux conséquences bien réelles
Selon Europa Press Islas Canarias, une étude récente réalisée par des spécialistes en cardiologie révèle que la pollution de l’air constitue le deuxième facteur de risque de mortalité à l’échelle mondiale, juste derrière l’hypertension artérielle. Ce classement, issu d’une analyse approfondie des données épidémiologiques mondiales, souligne l’urgence d’agir face à un problème longtemps sous-estimé.
L’étude indique que la pollution atmosphérique serait responsable de plus de 7 millions de décès prématurés chaque année dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Ces chiffres dépassent largement ceux liés au tabagisme, au diabète ou encore à l’obésité, des pathologies pourtant au cœur des politiques de prévention depuis des décennies.
Les particules fines, notamment les PM2,5, sont particulièrement pointées du doigt. Ces microparticules, dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, pénètrent profondément dans les voies respiratoires et atteignent directement le flux sanguin. Elles provoquent des inflammations chroniques qui fragilisent le système cardiovasculaire et augmentent significativement le risque d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux.
« La pollution de l’air n’est plus seulement un problème pulmonaire. Elle est aujourd’hui reconnue comme un facteur majeur de maladies cardiovasculaires, et ses effets sur la mortalité sont comparables à ceux du tabac. » Étude de cardiologues espagnols, avril 2026
Les cardiologues auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’intégrer la qualité de l’air dans les protocoles de prévention cardiaque, au même titre que la surveillance de la pression artérielle ou du taux de cholestérol. Une approche encore peu répandue dans les consultations médicales courantes.
Les Îles Canaries face à des défis environnementaux spécifiques
Les Îles Canaries présentent une situation particulière en matière de qualité de l’air. L’archipel est régulièrement soumis à des épisodes de calima, ce phénomène météorologique qui transporte des nuages de poussière saharienne depuis le continent africain. Ces épisodes, qui peuvent durer plusieurs jours, provoquent une augmentation spectaculaire des concentrations de particules en suspension dans l’atmosphère.
Selon le gouvernement régional des Canaries, les niveaux de PM10 enregistrés lors de ces épisodes peuvent dépasser plusieurs fois les seuils recommandés par l’Union européenne, fixés à 50 microgrammes par mètre cube en moyenne journalière. Ces pics de pollution touchent l’ensemble de la population, mais affectent en priorité les personnes âgées, les enfants et les individus souffrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires préexistantes.
Au-delà des phénomènes naturels, les Canaries doivent également faire face à une pollution d’origine anthropique, liée notamment au trafic maritime intense dans leurs ports, à l’activité touristique croissante et aux transports routiers. La flotte de véhicules anciens encore en circulation sur les îles contribue de manière non négligeable aux émissions de dioxyde d’azote et de particules fines.
« Les épisodes de calima aux Canaries ne sont pas de simples désagréments visuels. Ils représentent un véritable risque sanitaire, en particulier pour les populations vulnérables exposées à des concentrations élevées de particules pendant plusieurs jours consécutifs. » Autorités sanitaires régionales des Îles Canaries
Face à ce constat, les autorités locales ont mis en place des systèmes d’alerte destinés à informer la population lors des pics de pollution. Des recommandations sont émises pour limiter les activités physiques en extérieur, aérer les logements uniquement aux heures où la qualité de l’air est meilleure et protéger les personnes les plus fragiles. Cependant, selon des experts en santé publique, ces mesures restent insuffisantes sans une politique structurelle de réduction des émissions polluantes.
L’étude des cardiologues appelle ainsi les gouvernements à aller au-delà des simples alertes ponctuelles, en investissant massivement dans les transports en commun propres, en accélérant la transition vers les énergies renouvelables et en renforçant les normes d’émissions pour les véhicules et les industries.
La publication de cette étude constitue un signal fort adressé aux décideurs politiques et aux professionnels de santé. Placer la pollution de l’air au deuxième rang des facteurs de risque de mortalité mondiale n’est pas anodin : cela implique de repenser en profondeur nos politiques environnementales, urbaines et sanitaires. Pour les Îles Canaries comme pour l’ensemble de l’Espagne, la lutte contre la pollution atmosphérique est désormais une priorité de santé publique qui ne peut plus être repoussée. Chaque microgramme de particules fines en moins dans l’air représente des vies sauvées et des hospitalisations évitées.
Sources et photo: Rédaction LCE (avec l’aide de l’IA)
