Ce profil est un moteur décisif de création de valeur dans la capitale espagnole, avec une dépense moyenne totale de 10 183 euros, contre 6 253 euros pour le voyageur moyen, selon une étude de Virtuoso.
Chaque touriste à fort impact contribue à hauteur de près de 7 000 euros à l’économie de Madrid. Plus précisément, l’impact total estimé par voyageur, en tenant compte des effets directs, indirects et induits, est de 6 860 euros et de près de 1 000 euros par jour (980 euros), selon une étude réalisée par Virtuoso, le plus grand réseau mondial d’agences de voyages spécialisées dans le tourisme de luxe. Ce profil de visiteur dépense en moyenne 10 183 euros dans la capitale espagnole, contre 6 253 euros pour le voyageur moyen, et reste plus longtemps sur place, sept jours en moyenne contre cinq pour le touriste moyen.
L’étude, réalisée par Virtuoso pour la mairie et la Communauté de Madrid par l’intermédiaire de Madrid Turismo by Ifema, définit le touriste à fort impact comme le voyageur qui, en plus d’apporter une contribution économique significative à la destination, accorde une importance particulière à la durabilité, à l’authenticité et au lien avec la culture locale. Il recherche la qualité, l’excellence du service et des expériences uniques et préfère donc les hébergements haut de gamme et la gastronomie élaborée à partir de produits locaux.
Les résultats du rapport« Tourisme à fort impact et durabilité dans la ville de Madrid », basé sur une enquête menée auprès de 524 voyageurs internationaux et plus de 20 entretiens avec des acteurs clés de l’écosystème touristique madrilène, montrent que ce voyageur est un moteur décisif de création de valeur à Madrid.
Il s’agit d’un visiteur qui a tendance à rester plus longtemps et à dépenser davantage, notamment en achats, hébergement, gastronomie et expériences. Les dépenses en achats sont, en moyenne, trois fois plus élevées chez les voyageurs à fort impact que chez le touriste moyen.
Plus précisément, il multiplie par 3,3 ses dépenses en achats, par 2,4 ses dépenses en hébergement, par 2,1 ses dépenses en gastronomie et double ses dépenses en expériences, par rapport au voyageur moyen, selon les résultats de l’enquête.
La recherche indique que le tourisme international à fort impact permet à Madrid de générer une plus grande valeur économique avec une pression relative moindre sur le territoire, de renforcer l’emploi qualifié et de consolider son identité culturelle comme avantage concurrentiel mondial.
Au cours de la présentation de l’étude, qui s’est déroulée vendredi dernier à Madrid, le caractère pionnier de cette étude a été souligné, puisqu’elle place la capitale au premier rang mondial des destinations urbaines à disposer d’une recherche de ce type.
Almudena Maíllo, conseillère déléguée au tourisme de la mairie de Madrid, a souligné l’importance de cette étude car « elle nous permet de disposer de données vérifiées pour savoir quelle voie suivre, où nous devons miser et comment nous devons contribuer de manière positive à la création de richesse et d’opportunités ».
Elle a ajouté que ce modèle « contribue activement à la durabilité et à la conservation du patrimoine et de l’identité de notre ville ». Elle a souligné que « le voyageur à fort impact est un allié stratégique pour notre modèle de qualité ».
Pour sa part, Luis Martín Izquierdo, vice-conseiller à la Culture, au Tourisme et aux Sports de la Communauté de Madrid, a attribué ces résultats « à un engagement clair et résolu en faveur de l’attraction d’un tourisme international de qualité, en particulier lié aux marchés lointains ». Il a également expliqué qu’« un autre axe clé a été l’enrichissement de la proposition de valeur en tant que destination touristique ».
« Les données montrent que le tourisme international à fort impact n’est pas un phénomène isolé, mais le résultat d’une transformation structurelle qui combine investissement, infrastructure, sophistication du produit et valorisation du patrimoine, consolidant ainsi un modèle visant à générer une plus grande valeur économique avec une pression relative moindre sur le territoire », souligne l’analyse.
Le profil d’un touriste exigeant
Selon le rapport, la mobilité piétonne est très importante pour ce type de visiteur. 96 % d’entre eux accordent une grande importance à la possibilité de se déplacer à pied lorsqu’ils choisissent leur lieu d’hébergement, contre 89 % pour le voyageur moyen.
De plus, d’après les résultats de l’enquête, il s’agit d’un profil particulièrement intéressé par les expériences locales de grande valeur. 49 % recherchent des expériences exclusives et privées et doublent leurs dépenses dans ce domaine. Parmi celles-ci figurent les visites privées de musées ou d’institutions culturelles, qui contribuent à l’augmentation des revenus de ces entités, tant publiques que privées.
Il ne cherche pas seulement à faire plus de choses, il veut vivre des expériences qui ne sont possibles que dans cette ville. Une demande qui a contribué à revaloriser les petits commerces, les boutiques traditionnelles et historiques et les propositions à identité locale, qui trouvent ainsi un nouveau créneau et une nouvelle visibilité dans l’écosystème du tourisme à fort impact.
L’étude montre que les hôtels haut de gamme, y compris ceux des chaînes internationales, misent sur le quartier et sur l’intégration de cette identité dans l’expérience du client, en incorporant des produits tels que des équipements et des détails provenant de commerces traditionnels et de marques locales, entre autres initiatives.

Un voyageur plus engagé
D’autre part, l’étude conclut que le voyageur à fort impact se montre plus sensible à la durabilité et à l’authenticité. 71 % affirment s’efforcer de minimiser l’empreinte de leur voyage (contre 29 % des autres voyageurs) et le même pourcentage déclare privilégier la gastronomie locale et authentique.
En outre, 51 % identifient des pratiques écologiques chez les opérateurs (contre 38 %) et 48 % reconnaissent la contribution du tourisme à des projets communautaires (contre 36 %). En termes d’image comparative, Madrid est perçue comme une destination plus sûre (48 %) et plus propre (46 %) que ses concurrentes telles qu’Amsterdam et Lisbonne.
Source: HOSTELTUR


