Les agences et les hôtels confirment une reprise des réservations au Mexique et en République dominicaine, tandis que le Canada et la Russie achèvent le rapatriement des touristes depuis Cuba.
La situation géopolitique et économique actuelle de ces derniers mois à Cuba et au Venezuela a entraîné une réorientation des flux touristiques dans les Caraïbes, où la République dominicaine et les Caraïbes mexicaines se sont positionnées comme des destinations « refuges », selon les agences de voyage et les chaînes hôtelières. Par ailleurs, le Canada a achevé vendredi dernier le rapatriement de ses quelque 28 000 touristes présents à Cuba. Parallèlement, les compagnies aériennes russes ont mis fin dimanche à l’opération de retour des quelque 4 300 touristes qui étaient bloqués sur l’île en raison de la pénurie de carburant pour l’aviation.
Selon Carlos Garrido, président de la Confédération espagnole des agences de voyage (CEAV), la République dominicaine et le Mexique font office de refuge et enregistrent tous deux une hausse des réservations.
Le président de l’Association des hôtels de la Riviera Maya, Toni Chaves, estime que l’incertitude qui règne dans certaines destinations des Caraïbes a pu contribuer à la bonne tenue de la demande dans les Caraïbes mexicaines, mais que le secteur y voit « un effet marginal dans le cadre d’une réorientation plus large du tourisme ». Il a également ajouté que cette transformation s’oriente « vers des destinations offrant une meilleure connectivité et une plus grande stabilité opérationnelle » et que la Riviera Maya est très compétitive en raison de sa connectivité aérienne, de la perception de sécurité, de son offre hôtelière, de ses prix relatifs et des décisions des voyagistes sur les marchés émetteurs.
De son côté, le tourisme en République dominicaine connaît également un grand moment, puisqu’il a accueilli l’année dernière 11,6 millions de visiteurs, un record historique qui représente une croissance de 37,8 % par rapport à 2022.
La crise du tourisme cubain
Le secteur touristique cubain a confirmé sa crise en 2025 en enregistrant son pire résultat en termes de voyageurs internationaux (1,8 million) depuis 2002, un chiffre qui confirme la chute vertigineuse du tourisme au cours des sept dernières années. Le déclin a commencé en 2018, lorsque l’île a atteint 4,7 millions de touristes, son record historique, puis sont venues les mesures prises par Donald Trump pendant son premier mandat et, aux sanctions se sont ajoutées la crise économique et énergétique que traverse le pays – et qui a des répercussions sur les services et l’expérience – et la réduction des liaisons aériennes.
Pour sa part, le directeur de la division Cuba de la chaîne hôtelière Meliá Hotels International, Gabriel Cánaves, a déclaré à l’agence Efe en janvier que pendant la saison hivernale actuelle, « s’il n’y avait pas eu l’affaire du Venezuela (en référence à l’opération américaine visant à arrêter Nicolás Maduro) », le tourisme vers Cuba « se comportait très bien ».
De plus, des sources au sein de l’entreprise ont expliqué que les années précédentes n’avaient pas été faciles et qu’il n’était donc pas possible de parler d’un changement significatif dans l’activité touristique cubaine, même si elles ont reconnu que « l’instabilité croissante n’aidait pas ».
De même, Meliá affirme qu’il y a eu une augmentation des réservations au Mexique et en République dominicaine, qui seraient redirigées depuis Cuba. Meliá a réduit sa capacité hôtelière à Cuba ce mois-ci, s’adaptant aux niveaux d’occupation actuels, une décision qui a touché trois hôtels et qui vise à s’adapter aux limitations en matière d’approvisionnement et de niveaux de demande.
Le tourisme vénézuélien vit « un moment particulier »
En novembre dernier, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) a publié un avis international appelant à « la plus grande prudence » lors des vols au-dessus du Venezuela et du sud de la mer des Caraïbes, un avertissement qui a été suivi par de nombreuses compagnies aériennes, les amenant à cesser leurs activités dans ce pays d’Amérique du Sud.
Parmi elles figuraient Iberia, qui prévoit de reprendre ses vols en avril, la compagnie portugaise TAP, la compagnie brésilienne Gol et la compagnie colombienne Avianca, ainsi qu’Air Europa, qui a repris ses activités cette semaine, et Plus Ultra, qui le fera à partir du 3 mars.
Le président de la Fédération des associations territoriales des agences de voyages espagnoles (Fetave), César Gutiérrez, a expliqué à l’agence EFE que « le Venezuela traverse une période particulière, car ce n’est pas tant que les touristes ont moins envie de voyager, mais plutôt qu’il y a eu un ralentissement en raison des opérations et de la connectivité ».
Le Canada et la Russie rapatrient des milliers de touristes bloqués à Cuba en raison de la crise énergétique
Dimanche dernier, les compagnies aériennes russes ont mis fin à l’opération de rapatriement des quelque 4 300 touristes bloqués à Cuba en raison de la crise énergétique causée par l’embargo imposé par les États-Unis à l’île des Caraïbes.
« Les compagnies aériennes ont terminé les vols de rapatriement des touristes russes depuis Cuba », a indiqué le ministère des Transports dans un communiqué publié sur Telegram. Le dernier avion a atterri à 17h27 heure locale à l’aéroport moscovite de Sheremétievo, qui a dû limiter aujourd’hui le nombre de vols en raison des attaques de drones ukrainiens.
Il s’agissait d’un vol de la compagnie Rossía (groupe Aeroflot) qui a décollé de la station balnéaire de Varadero, destination touristique très prisée des Russes, et qui constituait « le dernier vol dans le cadre de la campagne lancée le 13 février ». Au total, selon le ministère, « près de 4 300 touristes » russes ont été rapatriés de Varadero, La Havane, Holguín et l’île de Cayo Coco en neuf vols.
« La possibilité de reprendre les vols sera examinée après la normalisation de la situation concernant l’approvisionnement en kérosène », a-t-il ajouté.
Le 11 février, le gouvernement russe a recommandé aux voyagistes de cesser la vente de voyages à destination de Cuba, après quoi les compagnies aériennes ont annoncé qu’elles suspendraient temporairement leurs vols. Avec 131 000 voyageurs à destination de Cuba en 2025, la Russie est la deuxième source de touristes vers cette île, après le Canada, qui a quant à lui achevé vendredi le rapatriement de ses quelque 28 000 touristes.
Source: HOSTELTUR


