Première journée franco-espagnole de l’industrie nucléaire à Madrid

Ce mardi 25 juin s’est tenu à la Résidence de France à Madrid la première Journée franco-espagnole de l’Industrie Nucléaire, journée de rencontres bilatérales entre entreprises du secteur afin de favoriser la naissance d‘opportunités économiques entre les deux pays, journée organisée par Ubifrance Espagne et le Foro Nuclear Española. Inaugurée par des présentations sur l’état du secteur dans chaque pays de Philippe O’Quin, Ministre Conseiller pour les Affaires Économiques, et Antonio Cornado, Président du Foro Nuclear Española, la journée a permis aux représentants des entreprises de l’industrie nucléaire de se réunir et de dialoguer lors d’une série de rendez-vous individuels organisés durant toute l’après-midi. Pas moins de 28 entreprises espagnoles et 12 françaises étaient présentes pour l’événement. Si la France reste un exemple dans le paysage de l’industrie nucléaire avec 75% de son électricité produite en centrales nucléaires, l’Espagne a elle aussi développé son parc dans les 60-70 pour pallier ses difficultés d’approvisionnement énergétiques et souhaite aujourd’hui approfondir son potentiel d’exportation. Aussi, l’industrie du nucléaire français, qui réunit 2 500 entreprises (dont les deux tiers sont exportatrices) se positionne à la 4ème place mondiale en terme de R&D, et exporte pour une valeur de près de 8 milliards d’euros annuels (2 milliards en électricité, et 6 milliards en biens et services). Une position confortable qui confère au pays un statut d’expert en la matière. En témoigne le prix de l’énergie en France particulièrement bas, ce qui constitue un avantage compétitif sans précédent pour l’approvisionnement des entreprises nationales. Avec ses 8 réacteurs et 20% de nucléaire dans son mix énergétique, l’Espagne cherche à exploiter son potentiel d’exportateur et donc à développer le réseau bilatéral, vecteur d’opportunités en la matière.  Pour ce qui est des opportunités, on notera d’ailleurs la présentation du français Benjamin Perier, directeur du département Business Intelligence de Fusion for Energy agence européenne installée à Barcelone et chargée de gérer les contributions des pays membres au projet international ITER. Le projet vise à développer la technologie de production d’énergie par fusion et est installé depuis 2005 dans les Bouches-du-Rhône (à Cadarache). L’objectif annoncé est de permettre l’utilisation commerciale de cette nouvelle technologie d’ici 2040. ITER a déjà conclu une série de contrats depuis son lancement et offre encore de nombreuses opportunités avec pas moins de 5 milliards d’euros restant à attribuer par appels d’offre. Une problématique centrale pour les gouvernements d’aujourd’hui Depuis Kyoto en 1997, les problématiques environnementales et énergétiques sont sur le devant de la scène internationale et appellent à des solutions créatives dans le respect de la sécurité des citoyens et de l’environnement. Face aux multiples questions que soulève le recours souvent controversé au nucléaire, débat évidemment renforcé avec l’incident de Fukushima il y a deux ans maintenant, il s’agit de trouver la place de cette industrie aujourd’hui dans le mix énergétique. Produite sans émissions de gaz à effets de serre, l’énergie nucléaire est peu polluante et nécessite une matière première accessible, l’uranium qui présente un coût relativement faible. Aussi le nucléaire permet un premier pas vers la sécurisation de l’approvisionnement de nombreux pays, choix français qui a permis au pays d’assurer 50% de son indépendance énergétique grâce à son parc de 58 réacteurs. Cette thématique de la sécurité de l’approvisionnement s’avère de plus en plus sensible dans un monde où les énergies fossiles se concentrent dans quelques régions de fait devenues des hyperpuissances énergétiques, telles l’Arabie Saoudite ou la Russie pour ne citer qu’elles.