Le ministère des Affaires Étrangères espagnol propose un nouveau mécanisme de recrutement pour ses ambassades

Après avoir promulgué la Loi d’Action et du Service Extérieur, participé à la modernisation de l’Œuvre Pieuse (Obra Pía) ou encore proposé un projet de nouveau siège pour le ministère espagnol des Affaires étrangères, Rafael Mendívil Peydró s’attèle à la modification du Règlement de la Carrière Diplomatique. Cette initiative est la dernière mesure qui sera mise en place par l’actuel sous-secrétaire aux Affaires Étrangères, puisque qu’il libérera prochainement son poste pour occuper celui d’ambassadeur à Ankara (Turquie). Ce document n’empêchera pas le président de nommer les candidats qu’il juge les plus adéquats pour le poste d’ambassadeur, qu’ils appartiennent ou non au corps diplomatique. Les délégations les plus importantes comme celles de Washington, Londres, Paris, ou encore Moscou, parmi d’autres, pourront échapper à la procédure standard. Ce nouveau décret obligera cependant le ministre des Affaires Étrangères à annoncer tous les ans aux membres de la carrière diplomatique les postes vacants au sein des différentes représentations. Une procédure réglementée La nomination de la plupart des ambassadeurs ne dépendra plus uniquement du ministre des Affaires Étrangères. En effet,  les diplomates réunissant les conditions requises pourront présenter leur candidature auprès d’un comité de nomination qui évaluera leurs compétences afin de les convoquer à un entretien personnel. Suite à cette entrevue, les membres de ce comité dresseront une liste de trois candidats, classés par ordre de préférence, qu’ils soumettront au ministre pour qu’il puisse effectuer son choix. C’est en tout cas ce que reflète la nouvelle version du Règlement de la Carrière Diplomatique, en attente du rapport du Conseil d’État, qui remplacera l’actuel décret en vigueur depuis 1955. Ce changement traduit une volonté de professionnalisation du service extérieur et de protection de l’activité des fonctionnaires face aux embardées politiques. Principales nouveautés L’une des nouveautés les plus importantes de ce règlement est la division des missions diplomatiques en trois catégories, par ordre d’importance. Ce classement sera approuvé tous les ans mais pourra subir quelques modifications en fonction des circonstances. Le ministère espagnol des Affaires Étrangères s’appuie sur le fait que d’autres pays appliquent déjà ce procédé. Pour diriger une mission diplomatique, même la moins importante, les candidats devront avoir à leur effectif au moins 20 ans de carrière diplomatique. Un critère qui entraînera le vieillissement du collectif des ambassadeurs et empêchera les jeunes d’accéder à ce type de poste. Le ministère des Affaires Étrangères argumente cependant qu’une arrivée prématurée à un poste d’ambassadeur peut être source de futures frustrations. Les diplomates ne pourront pas diriger plus de deux ambassades successivement, ni effectuer une mission à l’étranger plus de neuf années consécutives. Les ambassadeurs devront libérer leur poste après trois ou quatre années, une prorogation d’un an pourra leur être cependant accordée.