L’activité touristique croît de 2,9% en 2014, à la tête de la création d’emplois

Madrid, 20 jan. (EP) L’activité touristique en Espagne a augmenté de 2,9% en 2014, après avoir accueilli 65 millions de touristes au cours d’une année qui a consolidé le secteur comme le moteur de la reprise économique, à la tête de la création d’emplois et enregistrant des recettes de 49.000 millions d’euros, 3,9% de plus qu’il y a un an, d’après le bilan de l’Alliance pour l’Excellence Touristique (Exceltur). Les évaluations du ‘lobby’ touristique son donc à la hausse par rapport aux précédentes qui prévoyaient une croissance du secteur touristique à la clôture de l’année de 2,4%, exercice qu’il a qualifié de manière « très positive », compte tenu du fait que cette hausse doublera le taux de croissance de l’économie espagnole dans son ensemble. Cependant, Exceltur indique que le secteur touristique a pu couvrir 95% des besoins en financement externe en 2014, grâce à une plus grande affluence de visiteurs, sans que la dépense par touriste ne s’améliore. « Le tourisme est à la tête de la génération d’emploi net, clôturant 2014 avec 53.213 affiliés à la Sécurité Sociale, 4,1% de plus qu’en 2013 », a souligné le Vice-président Exécutif d’Exceltur, José Luis Zoreda, qui a ajouté que le tourisme a contribué à promouvoir d’autres secteurs connexes, comme le commerce ou la construction. Exceltur prévoit que le tourisme a généré, fin 2014, 49.000 millions d’euros en devises à l’avantage de l’Espagne « en renforçant la solvabilité du pays, en réduisant la prime de risque et en couvrant presque tous les besoins en financement externe ». PLUS DE VISITEURS, MOINS DE DÉPENSES D’après ses prévisions, l’exercice 2014 s’achèvera avec une hausse du nombre de touristes internationaux de 7,1% (65 millions), favorisé un an de plus de par la situation géopolitique adverse de régions comme la Tunisie et l’Égypte. Les données d’Exceltur affichent une hausse manifeste de la demande étrangère en matière de packs vendus par les tour-opérateurs, notamment aux Canaries, en Andalousie et la Communauté de Valence. Cependant, la croissance de l’affluence touristique en Espagne se caractérise par une moindre dépense à destination. Ainsi, Zoreda a expliqué qu’une recomposition importante du portefeuille de clients étrangers a été détectée. En conséquence, malgré cette hausse, le profil des touristes en matière de dépenses est moins élevé. « Nous sommes préoccupés par l’arrivée de touristes qui génèrent de moindres dépenses en provenance de marchés comme la France, la Belgique ou le Portugal, face à des marchés comme le russe qui a chuté de manière importante », a affirmé Zoreda, qui a constaté que les dépenses moyennes par touriste continuent de chuter, aussi bien en termes nominaux (-3%) comme déduction faite de l’inflation (-3,4%). Zoreda a signalé que l’augmentation des arrivées en compagnies aériennes ‘low cost’ et l’utilisation de logements touristiques non réglementés explique en partie cette chute des dépenses réalisées. Dans le cas du tourisme espagnol, la reprise positive de la demande est à souligner, en ligne avec la reprise de la consommation en général, qu’Exceltur espère voir se consolider en 2015. AMÉLIORATION DU RENDEMENT DES ENTREPRISES L’élan de l’activité touristique grâce à l’évolution des arrivées de touristes étrangers s’est traduit par une amélioration généralisée des ventes et des résultats sociétaires. Ainsi, 79,9% des entreprises touristiques clôturent 2014 avec de meilleurs résultats et 84,9% ont enregistré une hausse généralisée des ventes. Par communautés autonomes, les meilleurs résultats se trouvent aux Canaries, puis en Andalousie, la Communauté de Valence et les Baléares. Parmi les villes principales, Madrid est  à souligner en raison de son accumulation passée d’exercices critiques, puis La Rioja et Castille-La Mancha grâce à l’année El Greco. DES PERSPECTIVES POSITIVES EN 2015 Le panorama touristique en 2015 reflète un « scénario prometteur » bien que caractérisé par des facteurs exogènes qui introduisent une « grande volatilité  » de nature diverse, quoique dans l’ensemble, elle puisse favoriser l’Espagne. « En omettant ces facteurs, la plupart des entrepreneurs touristiques annonce une année positive : 89,7% avec plus de ventes, 81% avec de meilleurs résultats et 71% avec une plus grande création d’emplois », a expliqué Zoreda. Dans un premier scénario, il est prévu que la croissance de l’activité touristique s’élève à 2,6% grâce à la demande interne, un scénario politique stable en Espagne, ainsi que la contention de la croissance dans des pays du nord de l’Afrique et de la Méditerranée orientale. Dans un deuxième scénario, plus conservateur, Exceltur prévoit un ralentissement de la croissance de 1,9% si les pays de la Méditerranée, l’Égypte en particulier, perdent au mois de mars les rythmes de croissance atteints depuis le mois de juillet. UN NOUVEAU CADRE RÉGLEMENTAIRE DEVIENT URGENT Exceltur considère que l’année électorale 2015 est le moment idéal afin de renforcer le rôle du tourisme dans la reprise économique et d’assumer « avec une plus grande priorité et conviction » le renfort de nouvelles politiques touristiques au moyen d’actions centrées « sur la stimulation de la régénération et le repositionnement compétitif de l’offre ». Finalement, il est nécessaire d’aborder « avec urgence » un nouveau cadre législatif « rigoureux et exigeant à échelle nationale », qui envisage le bilan des effets économiques, sociaux, professionnels, urbanistiques et de cohabitation que génère « la concurrence croissante et déloyale » de l’économie collaborative. EUROPA PRESS – Le Courrier d’Espagne avec Sol Marzellier de Pablo (www.smtraductores.com)