JM Garcia : « La COCEF doit construire des ponts entre nos deux pays »

Avocat d’affaires français, né de parents andalous, José Michel Garcia a été nommé président de la Chambre Officielle de Commerce d’Espagne en France (COCEF) en avril dernier. Dans un contexte économique difficile des deux côtés des Pyrénées, il croit plus que jamais à la nécessité de s’exporter. Rencontre. Comment devient-on président de la COCEF ? Mes parents sont Espagnols. Ils sont venus d’Andalousie en France, où je suis né aux débuts des années 60. J’ai toujours gardé un contact particulier avec mes origines, tant culturellement que professionnellement. Je me sens assez Espagnol, peut-être même parfois plus que certains Espagnols en Espagne ! Au niveau professionnel, je suis avocat dans le domaine des affaires, des entreprises, du monde du travail. A ce titre je travaille beaucoup avec des entreprises espagnoles ayant une activité en France ou souhaitant s’y installer. Et je suis adhérent de la COCEF depuis de longues années, membre du conseil d’administration depuis 2002, donc assez impliqué. Quel est le rôle de la COCEF ? La COCEF doit faciliter l’installation des entreprises espagnoles en France et vice-versa. Notre but est de construire des ponts entre les deux pays. Nous avons un pôle d’assistance, qui permet d’accompagner les entreprises dans le recrutement, la recherche de fournisseurs, de distributeurs et dans toute l’installation. Nous avons également développé un pôle de formation, en créant un certificat d’espagnol commercial (ELYTE), en donnant des cours d’espagnol des affaires et des cours de français pour les Espagnols. Ce dernier pôle est en pleine évolution, avec des projets de petits déjeunes thématiques, de formations diverses. Et enfin le pôle le plus traditionnel : le réseau. Quelles sont les initiatives prises pour la mise en réseau ? Nous organisons des rencontres entre adhérents, des afterworks. Nous mettons sur pied chaque année la « Noche de España » pour présenter les produits gastronomiques espagnols en France, et le « Prix de l’entreprise de l’année » pour une entreprises espagnole qui s’est distinguée sur le marché français. Cette année, nous allons étendre ce prix aux PME espagnoles. Les entreprises espagnoles peuvent-elles trouver leur place en France ? Oui, mais uniquement si elles ont un projet clair et qu’elles peuvent se donner du temps. La situation économique en France n’est pas très bonne mais c’est un pays où il y a de l’argent, de l’épargne, un fort pouvoir d’achat et une main d’œuvre qualifiée. Il existe de bonnes structures de crédit, et notamment des structures publiques comme OSEO ou la BPI qui fonctionnent très bien. Et il y a ici une véritable culture d’entreprise, et notamment de cession et rachat d’entreprises. La culture d’entreprise est très différente, c’est pourquoi une entreprise espagnole devrait prendre le temps de bien la connaître avant de se développer. Les entreprises françaises s’intéressent-elles encore à l’Espagne ? Les entreprises françaises ont toujours du mal à s’exporter, et elles ont souvent beaucoup de questions sur la situation économique réelle de l’Espagne. Mais elles observent, comme nous, qu’il y a une restructuration du marché espagnol et que si plusieurs fonds d’investissement s’y intéressent, ce n’est certainement pas par charité mais bien parce qu’il existe des perspectives de redressement dans quatre, cinq ans peut-être. Notre rôle est donc d’accompagner ces entreprises et de les encourager à investir sur le marché espagnol. Dans un sens comme dans l’autre, je pense que le marché national est toujours trop étroit. Il est indispensable de partir chercher des marchés à l’extérieur.