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Le Courrier d'Espagne

Entrepreneurs nomades : un marché encore non identifié mais bien réel

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Qui sont les entrepreneurs nomades d’aujourd’hui et comment s’en sortent-ils? Nous parlons de ces entrepreneurs qui travaillent de chez eux, de chez leur clients ou des halls d’hôtels vous l’aurez compris. Il s’agit en général d’anciens employés qui se mettent à leur compte, de webmaster, comunity manager, de journalistes ou encore de jeunes professionnels consultants dans la finance, le M&A ou l’immobilier. Même les Country Manager deviennent nomades car il est bon de ne pas trop avoir de frais fixes avec les temps qui courent. Ils n’ont guère besoin d’un bureau représentatif car ne reçoivent pas, ils sont en permenance avec leur macbook ou ipad et transportent avec eux toute leur base de données et leurs actifs intangibles car tout est en « cloud » depuis deux ans. Ils voyagent en mode lowcost et n’imaginent pas ne pas pouvoir rester connectés pendant leur déplacement. Ces entrepreneurs nomades sont de plus en plus nombreux. Grâce aux nouvelles technologies ils peuvent être partout et nulle part à la fois. Même dans le bus ils sont capables d’organiser une confcall avec leur clients et sous-traitants via FaceTime. Ils n’ont pas d’horaires, pas de lieu de travail, pas de boss, pas de salaire, mais de sacrées idées, du talent et de l’ambition. Ils vivent pour leur projet et leur obsession les isole encore plus. Ils bouillonnent d’ambition car savent que le retard accumulé en Espagne dans la nouvelle technologie leur laisse la porte à de fantastiques opportunités. Et il y en a en Espagne. Ils savent que l’internet est le seul secteur où l’on peut devenir jeune millionnaire en Espagne. Mais voilà, en attendant que la logistique pour « nomade » s’adapte, ces nomades doivent s’adapter, comme en France ou en Belgique d’ailleurs, mais peut-être un peu plus en Espagne et en Italie: ils n’ont aucun point de rattachement possible en centre ville. Ils sont transparents et ne sont pas encore considérés comme un marché en tant que tel comme peut l’être le globe trotter dans le tourisme ou le célibataire dans le Dating. Les hôteliers et restaurateurs espagnols sont réticents au wifi. Moins d’un restaurant sur 20 offre le wifi gratuit. Or, tout nomade qui se respecte doit pouvoir se connecter en permanence via son téléphone portable. Si ce n’est pas pour envoyer sa newsletter via Saleforce, c’est pour appeler à l’international en mode lowcost en utilisant Skype ou LowCaller, ce qu’une connection 3g peine à faire.Un nomade est toujours  lowcost, mais exigeant. Tout peut se fait via le ipad: les transferts bancaires, les réservations d’hôtels, le dating perso, les inscriptions aux afterwork,…Les petits malins trouveront toujours un hall d’hotels 4 ou 5 étoiles pour recevoir, mais là aussi, il faut un code payant wifi. Et quand on connaît le tarif pour 24h de connection wifi dans certains hôtels, on a l’impression de voyager dans le temps. Certains hôtels comme le Pullman de Barcelone font partie des avant-gardistes en offrant le wifi gratuit et partout à ses clients. Quant aux restaurateurs, ils en ont décidé autrement : pas de wifi pour leurs clients. Circulez dans les quartiers d’affaires ou bourgeois, trouver un point wifi gratuit relève d’une aventure. Le Starbuck Cafe, Pain Quotidien ou les cafeteriats des Corte Inglès et du VIPS offrent du wifi gratuit. Ce sont les seuls quasiment. Mais aucun d’entre eux n’ouvre la nuit! La nuit dans la capitale espagnole, seules les discothèques fonctionnent, si encore elles avaient wifi…! Le lobby « e-commerce » local très discret Comme dans chaque pays, l’Espagne a ses réseaux d’entrepreneurs ou de salons de e-commerce. Au mois d’octobre, on a vu naître la « semaine du e-commerce », ecommerce-week, par exemple, en fait il s’agit de 2h de réunion par jour avec quelques copains entrepreneurs. Le pays a même des pépites devenues internationales comme buyvip racheté il y a peu par Amazon, ou bien privalia ou twenti. Mais voilà, il y a un gros souci, les organisateurs ou jeunes start-uppers fortunés ne représentent pas un lobby du e-commerce en Espagne. Ils n’ont pas leur place dans les ministères, ce qui n’est pas le cas en France où de jeunes millionaires du e-business conseillent les ministres. Les entrepreneurs d’Espagne du e-business n’ont pas de vrais représentants dans les autorités locales. Les acteurs actuels recommencent comme il y a 10 ans avec des réunions qui aboutissent à peu de business. Personne parmi eux ne s’est encore indigné officiellement par exemple contre le boycott que font les aéroports sur le wifi qui est payant partout. C’est un sujet tabou. Et pourtant, l’Espagne est la deuxième destination touristique mondiale après la France. Son tourisme d’affaires explose cette année et le pays a besoin de renouveller ses richesses à cause de la crise. Pourquoi donc les autorités espagnoles s’entêtent à vouloir gagner quelques sous en faisant payer le wifi dans les aéroports, lieu public et d’intérêt général par définition, alors qu’à toutjuste 4 h d’avion à Kiev par exemple il est ratuit partout. Et pourtant, des millions de cadres étrangers circulent avec leur iphone et ipad avec un besoin de faire du business en Espagne. Nous avons contacté la  communication de la société qui gère les aéroports en Espagne, AENA, et nous leur avons posé trois questions: pourquoi le wifi est-il payant alors qu’il pourrait être gratuit? Combien gagnez-vous avec le service payant wifi? Pourquoi interdisez-vous aux restaurants de l’aéroport d’offrir wifi gratuit à ses clients? Ils ont refusé de repondre à la deuxième question, voici leur réponse intégrale pour le reste: »le réseau wifi a un coût qui peut s’acquitter au travers de différentes formules. Le choix de AENA Aeropuertos consiste à selectionner un opérateur qui opère directement aux usagés maintenant ainsi la qualité du service qui ne peut être affectée par une possible publicité, car si la commercialisation était choisie, cela ralentirait la connexion qui serait de mauvaise qualité. Pour Aena, la rentabilité de ce service est basse, il s’agit plus d’un service pour le passager, non d’un business principal. Aena n’interdit pas à ses restaurants d’offrir wifi. « Ils doivent juste passer par notre propre service dans l’aéroport ». Les Centres de Coworking pourraient supplanter les business center grâce à la mise en réseau   Le coworking est en train de prendre naissance en Espagne. Certains nomades se retrouvent dans des business center d’un nouveau type. À Madrid l’un des pionners est http://www.coworkingmadridsur.es. Il propose des postes connectés modulables à partir de 50 euros par mois pour une utilisation de 24h étalées. Ce qui est bien en deça des 15 ou 18 euros de l’heure que facture l’ensemble des business center pour de lugubres salles de réunions dont l’accès wifi laisse à désirer une fois sur deux.. Chacun travaille en open space sur son poste et respecte un maximum de silence. L’avantage du coworking est que ses promoteurs mettent en relation chaque personne et chacun peut y trouver des synergies, ce qui n’est pas du tout le cas des business center sauf ceux des chambres de commerce. Il est probable qu’avec la chute du prix de l’immobilier, les centres lowcost de coworking se développent en centre ville, car celui que nous avons cité est loin. Ils vont supplanter au fur et à mesure les classiques business center. Tout simplement parce que le besoin de networker au quotidien devient plus important que d’avoir son propre petit bureau blanc. En clair, celui qui apporte le networking des personnes à son infrastructure sera clairement plus compétitif. Le développement de ces centres en Espagne n’en est qu’à ses début. Un des acteurs qui vient de fêter sa première année, coworkingspain.com, propose des centres sur Madrid et Barcelone, mais le syndrome de ne pas travailler le weekend refait surface. Leurs centres ne sont plus accessibles à partir de 15h le vendredi! Comment est-il possible de cesser de travailler du vendredi 15h au lundi 9h dans un monde virtuel où les choses sont instantanées et sans interruption. Ce centre est à notre goût en fait bien trop « codormant » pour que leurs « workers » (clients) soient compétitifs sur un plan international! Des infrastructures de bureaux pas toujours adaptées aux start-ups Frédéric, fraîchement arrivé en Espagne en tant que Country Manager pour le compte d’une start-up belge, a décidé de ne pas s’installer tout de suite dans des bureaux coûteux. « Encore trop chers » s’exlame-t-il. En effet, il est le seul employé de sa structure espagnole, il est associé, ne se verse pas de salaire, et refuse de payer en bureaux plus cher que son propre appartement de 70 m2 qu’il paye 1200 euros. Ce jeune « CEO », comme se nomment ces jeunes nomades, n’en revient toujours pas du prix du m2. Surtout qu’il passe 80% de son temps en déplacement ou chez le client. La plupart de ses clients potentiels sont dans le centre de Madrid autour de la Castellana, ou bien proche de Diagonal à Barcelone. Il doit impérativement travailler dans le quartier pour être reactif et disponible. Surtout qu’il n’a pas de voiture et ne se déplace qu’en taxi ou bus. A noter qu’en Espagne, les taxis sont nombreux et à des tarifs abordables. Ce n’est pas comme en France ou en Belgique où leur arrogance, petit nombre et tarifs deshorbitants désolent tous les visiteurs étrangers. Mais voilà, les bureaux à louer sur les sites de locations sont tous logés dans des vieux immeubles bruyants et avec une insonorisation nulle. Impossible pour recevoir des clients dans ce type de structure le domaine de la haute technologie. Le seul bon deal fut un nouvel immeuble, un bureau de 55 metres carré pour 1.500 euros! De plus, il devait signer pour un minimum de 12 mois or il n’ a aucune visibilité avec les temps qui court sur son business à moyen terme et se refuse de bloquer 6 mois de trésorerie pour un aval bancaire. Notre CEO a donc décidé de chercher des bureaux « temporaires ». Les business center, une option à consommer avec grande modération Frederic s’est alors tourné vers les fameux business center. C’est une sorte de lowcost du bureau mais qui peut doubler votre loyer si vous ne faîtes pas attention aux services. En Espagne, ils sont regroupés sur une association (Acnspain) et se mettent d’accord sur les tarifs et services. Ceux ci sont tous payants, du téléphone hors de prix à la salle de réunion, en passant par le minibar ou les photocopies. Certains business center se prennent même pour des opérateurs téléphoniques en revendant les lignes. A Madrid comme à Barcelone, la plupart des business centers ont eux mêmes bâti leur propre business model à l’époque où l’immobilier atteignait ses plus hauts niveaux, entre 2004 et 2008. C´est à dire qu’ils ne peuvent pas exister s’ils ne facturent pas un minimum. Il est donc recommandé d’en visiter cinq ou six avant de s’engager. Mais la plupart d’entre eux sont déjà en retard les nouvelles tendances de coworking, tant par rapport à leurs tarifs qu’à leur relation avec les nouvelles tecnologies. Certains centres connus et mondiaux font même payer l’accès wifi à part. On croit rêver. La plupart d’ entre eux pourront vous faire 40% de réduction si vous louer avant les vacances. Et encore, notre entrepreneur belge a visité un business center situé dans la Torre Madrid, une des quatre Tour au nord. De la sortie du métro au bureau il faut compter 20 minutes. On lui a proposé une pièce bruyante de 18m2 pour 1.800 euros, non négociable. Vide depuis 6 mois. Aussi, Frederic sait très bien que l’immobilier va encore perdre 20 ou 30% de sa valeur et préfère attendre. A Madrid La Chambre, chambre de commerce franco- espagnole, propose des services de business center mais eux, au moins, font bénéficier du réseau qu’ils représentent et les tarifs se justifient. Même chose pour la Cocef à Paris, la chambre de commerce Espagnole de France. Philippe Chevassus WOMMs.com  

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