Benalmadena, surendettée, baisse les salaires des employés municipaux

La commune andalouse, acculée par 170 millions d’euros de dette, a annoncé qu’elle baisserait les salaires de ses employés, sous peine de ne pouvoir en assurer le paiement. Une décision à effet immédiat, qui devrait se prolonger au moins jusqu’au premier trimestre 2012. Les employés municipaux de Benalmadena (province de Malaga) ont appris la nouvelle lors d’une réunion convoquée le 13 septembre dernier : ils ne toucheront que leur salaire fixe de base, sans les compléments prévus par leur convention collective, à partir de la prochaine paie. Une coupe qui suppose pour certains employés une baisse de près de 40% de leur salaire, selon les syndicats. La mesure, prise en urgence, est due à la situation des comptes de Benalmadena, qualifiée de « désastreuse » par la municipalité. La commune a accumulé 170 millions d’euros de dettes et craignait de ne plus pouvoir faire face au paiement des salaires. Pour Paloma Ruiz, du syndicat CCOO, la décision « ne paraît pas mauvaise » dans la mesure où elle garantit le paiement des salaires et la sauvegarde des postes de travail. Elle regrette toutefois que les syndicats n’aient pas été consultés et n’aient pu faire aucune proposition pour éviter ces coupes. Colère et incertitude Les employés sont « remplis d’incertitude et d’une importante dose d’indignation », explique la leader syndicale. En effet, les effectifs de personnels municipaux sont relativement réduits, par rapport aux villes de même taille. Les services d’urgence, policiers et pompiers ont déjà dû renoncer, depuis le mois de janvier, aux majorations salariales du travail de nuit, de week-end et des heures supplémentaires. En revanche, les réductions de salaire ne touchent pas les conseillers municipaux et les postes à responsabilité, accusés de « gaspilleurs » par les syndicats. En Andalousie, de nombreuses municipalités rencontrent des difficultés similaires, certaines versant les paies de leurs employés de plus en plus tard, comme à Écija (province de Séville). Aurelie Chamerois