700 000 logements à vendre en Espagne

Le Ministère de l’Équipement espagnol vient de rendre publiques les dernières statistiques du marché immobilier. Malgré un léger sursaut au cours de l’année écoulée, 687.523 biens étaient encore en attente d’un nouvel acquéreur fin 2010. Les effets d’une crise sans précédents Construire, vendre, acheter… La frénésie immobilière espagnole a brusquement pris fin il y a trois ans avec l’arrivée d’une crise économique aussi inattendue que brutale. Entre 2006 et 2008, l’Espagne construisait 500 000 nouveaux logements chaque année. On dénombrait à l’époque 700 000 transactions immobilières par an dans le pays. La crise a provoqué une subite hausse du stock de logements achevés et invendus: de 413 642 biens en 2007 à 688 0445 en 2009. Selon les statistiques officielles, le stock aurait baissé de 0,1% en 2010, une très légère baisse, mais la première depuis le début de la crise. Un enjeu de campagne Pour les spécialistes, ce léger sursaut peut être expliqué par la hausse de la TVA en juillet (de 7 à 8%), qui a accéléré les décisions d’achat, et la suppression annoncée de la déduction pour achat de résidence principale à la fin de l’année 2010. Les promoteurs réclament le retour de cette déduction qui, selon eux, permettrait de donner un nouveau coup d’accélérateur aux ventes. Le partido popular (PP) a annoncé qu’il la mettrait de nouveau en place s’il remportait les prochaines élections générales, sans préciser si elle aurait un caractère rétro-actif. Reste une autre question sans réponse: les prix vont-ils continuer à chuter? Depuis le début de la crise, le prix du mètre carré est passé de 2101 à 1777 euros, soit une baisse accumulée de 15,4%. Pour José Luis Malo de Molina, directeur des études statistiques de la Banque d’Espagne, cette baisse se poursuivra en 2011 et pourrait atteindre 25% de baisse accumulée depuis 2007. Aurélie Chamerois